Penne d’Albigeois 2008 France (Tarn)

Avis aux amateurs de « Plus beaux villages de France » et autres patelins fleuris, Penne en Albigeois vous ravira d’importance et laissera dans votre mémoire de vacances une trace indélébile. Les inconditionnels de la ruine se contenteront de la vue Est, depuis le haut du village, lorsque la position des fortifications sur le surplomb illustre magistralement la mégalomanie de ses bâtisseurs. Depuis les rues encaissées au cœur du village, il n’est possible d’aucun recul, le rocher sur lequel repose le fort est enserré par les habitations. Inutile par ailleurs de se fatiguer, l’accès est fermé, depuis très longtemps apparemment. De vieux travaux d’entretien et de consolidation sont toujours en cours… Dans les années soixante-dix, le site était ouvert, mais les espaces difficilement attribuables tant la végétation les envahissaient. Aujourd’hui la pierre est à nu, le cheminement plus aisé, mais réservé aux fouilleurs. Ma description sera brève et empruntée à celle d’Henri-Paul Eydoux, au registre du remarquable j’ai déjà cité l’incrustation de la maçonnerie sur les déchiquetures du rocher. L’entrée s’effectue à la pointe Ouest, entre deux tours dont l’une est un véritable monolithe, l’imposante masse ne comporte en son intérieur qu’une minuscule salle de 2,50 m de diamètre. Le dessin est remarquable car il est peu usité, il s’agit d’un plan en accolade comportant un éperon. Ce type de raffinement architectonique daterait de la fin du XIVe. Certainement antérieure, l’autre tour ne compte pas d’aménagement spectaculaire, pourtant elle se trouve à l’aplomb du chemin d’accès. Vous apercevrez des fenêtres à meneaux, plutôt du XVe, et une baie romane peut être contemporaine de l’époque de la croisade contre les Albigeois. Au plus haut le donjon, entouré d’une enceinte percée d’archères. L’emprise du château est assez vaste, elle occupe tout le versant Ouest de l’éminence, les remparts s’enroulent sur les saillants de l’éperon comme une guirlande. Une vue aérienne résume assez bien la situation, la colline est orientée est-ouest, tout le village est ramassé à l’est, derrière le fort, sur le front Nord au pied de l’abrupt coule l’Aveyron, au sud s’étale la forêt. Les premières constructions et leur citation datent du XIe, mais les Romains avaient déjà occupé le lieu. En 1212, la citadelle fait la une des chroniques en supportant un siège avorté de Guy de Montfort, le frère de Simon, le site est imprenable, les croisés cèdent le terrain par manque de temps et d’effectifs. Penne rejoint définitivement le royaume en 1229 lors du traité de Paris. Raymond VII, comte de Toulouse, fait serment d’allégeance au bon Saint Louis et à l’église romaine, il reçoit en prime l’ordre de réduire Penne qui fait encore de la résistance. Bernard et Olivier de Penne qui avaient su résister aux Montfort cèdent leur colline contre un lopin plus confortable à Alphonse de Poitiers, le nouveau chef du Languedoc. C’est à partir de cette nouvelle période que seront entrepris de grands travaux, notamment le châtelet d’entrée et plusieurs corps de logis. La ruine sera consécutive à un abandon progressif du site à partir du XVIIe, ceci n’est qu’une supputation, il y a peu d’information sur la destruction du château. L.R.

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