Vaour 2008 France (Tarn)

A quelques kilomètres de Penne, Vaour est petit village de 250 âmes qui s’anime en été avec un festival de théâtre. Sur une colline à l’écart, la commanderie accueille dans sa grange écurie totalement restaurée une part des spectacles. Commué en lieu public, le site est complètement aseptisé et sécurisé, la visite sera brève.  Passée l’enceinte, sous un portail armorié du début XVIIe, s’ouvre une première cour. Au fond, la grange avec sa rampe d’accès pour les chariots, à gauche le bâtiment conventuel dont il ne subsiste que le premier niveau. A l’intérieur vous y trouverez cuisines et réfectoire sous une large voûte en plein cintre légèrement surbaissée. L’état des lieux est terminé. A présent, il faut s’imaginer la commanderie jusqu’en 1910. La « Maison » des chevaliers et du commandeur, ainsi se plaisent à la nommer les érudits, se prolongeait perpendiculairement vers le nord-est par une autre aile. Le bâtiment comportait deux niveaux, au lien des deux ailes s’élevait une tour d’escalier. Le plus fort était la « Grande Maison », au milieu de la cour s’élevait un donjon d’environ 20m de hauteur, qui s’est effondré sur lui-même en 1910 (il avait été inscrit aux MNH en 1909). Difficile d’apprécier aujourd’hui, en lieu et place d’une esplanade de gravier, ce bel édifice. L’ouvrage ne manquait pas d’allure, tout le couronnement était bordé d’une galerie en encorbellement supportée par des corbeaux formant mâchicoulis, la couverture était à trois pans surmonté d’un lanterneau. Les faces étaient ornées de pilastres reliés par une voûte en plein cintre, légèrement en saillie (façon bandes lombardes). Le rez-de-chaussée abritait la chapelle, une seule nef de deux travées en ogive, deux ouvertures perpendiculaires à la nef se faisaient face, l’une pour l’accès aux laïcs depuis le cimetière, l’autre pour les clercs. Accolée plus tardivement à la face Nord, une construction servait d’église paroissiale. Depuis la révolution, jusqu’au milieu du XIXe, avant que le donjon ne soit fermé au public, le site était devenu le cœur administratif et religieux du village, les bâtiments abritaient en plus du lieu de culte, l’école, la mairie et la gendarmerie. Maintenant, imaginez les Templiers jusqu’en 1307, subventionnés par les bienfaiteurs seigneurs locaux, dont celui de Penne à la source de  la fondation en 1160. Ensuite les Hospitaliers, repreneurs de la commanderie et des terres qu’ils exploitent jusqu’en 1789. Vaour ne semble pas avoir souffert du passage de Simon de Montfort ou de la résistance albigeoise de Penne. Plus soucieux de défendre leur patrimoine que « la veuve et l’orphelin » les chevaliers sont demeurés neutres dans cette affaire. Dommage, en 1574 pendant les guerres de religion, les protestants n’épargnent pas  le village et le site. Nous savons que le « château » est resté occupé jusqu’au début du XXe siècle, sa ruine résulte plus d’un manque d’entretien, puis d’un pillage en règle après l’effondrement du donjon. Un coup de lame de bulldozer et le saupoudrage de quelques tonnes de graviers blancs, le site est assaini et sécurisé. A Vaour, souviens toi de ce que disait la rose au Petit Prince, il faut voir avec son cœur. R.C.

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