Trigance 2008 France (Var)

Une solide forteresse s’accroche à mi-pente juste au-dessus d’un village provençal. Une allure puissante accentuée au premier plan par deux grosses tours d’angle, l’une d’entre elles avoisine les 20m de haut. L’ensemble est en parfait état de fonctionnement, le site est devenu depuis les années 80 un hôtel de haut luxe. Corollaire à cette restauration un peu ostentatoire, la visite du château n’est pas possible, à moins de louer une chambre. Un peu cher le ticket d’entrée, d’autant que l’exploitation fait partie du groupement Relais & châteaux. Faire le tour n’est pas plus aisé, finalement tu te contenteras de la vue sur les remparts depuis les rues du village, une promenade agréable. La fondation du site est contemporaine de celle de Rougon, à quelques kilomètres plus à l’est au milieu des gorges du Verdon. Elle semble répondre au même besoin de protection pour une population locale en expansion. Une première construction, au XIe, pose les bases d’un fort qui ne cesse de s’adapter aux modes militaires et civiles. L’intérêt pour le château semble fléchir dans le second quart du XVIIIe, à cette époque le site n’est déjà plus habité, le coup de grâce sera donné en 1789, pillage puis amorce de démolition qui dure tout le XIXe. Des prises de vue d’avant sa restauration en 1960 font rêver sur l’ampleur de la ruine, en outre elles permettent de mieux percevoir les dimensions du quadrilatère flanqué de quatre belles tours. La généalogie des propriétaires est plutôt bien connue, et dominée par trois lignées familiales. Le fief est cité dés le IXe siècle dans les possessions de l’abbaye Saint Victor, elle-même intégrée au diocèse de Marseille, il apparaît  demeurer ainsi jusqu’au XIe. Pendant près de deux siècles, l’histoire reste floue, des petits seigneurs s’installent. En 1247, la châtellenie est mentionnée comme partie intégrée dans les possessions d’une famille, les Glandevès ?,  qui détient également d’autres petites seigneuries voisines dont Rougon. En 48, les terres sont données aux Hospitaliers, deux années plus tard le titre de seigneur de Trigance est inscrit sur le testament de Romée de Villeneuve, vassal du comte de Provence. C’est dans la famille d’un autre conseiller du comte qu’échoue le fief : les Demandoix. En 1704, au profit d’une alliance les Valbelle héritent du bien qu’ils conservent sans l’entretenir jusqu’en 1789. Au milieu du XXe, deux acquéreurs entreprendront successivement d’importants travaux de restauration. En réalité, il s’agit plus d’une reconstruction, si l’allure est conservée, des ajouts un peu kitsch inhérents à la fonction hôtelière plombent un peu l’ambiance. Une architecture plus rationnelle aurait été plus profitable. En passant sur le flanc Est, la rampe d’accès est demeurée en état, elle devait supporter un pont volant en bois. Les puissantes tours avec leurs bouches à feu rivalisent avec le paysage brutal des gorges, une forteresse surdimensionnée dans cette pauvre contrée de maigres villages. R.C.

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