Lafauche 1997 France (Haute Marne)

lafauche-hte-marneQuelle bonne raison vous poussera à traverser la Haute Marne, voire d’effectuer le détour pour visiter Lafauche ? Chaumont est à 40 km et Neufchâteau à 20 au nord-est. La région couvre néanmoins plusieurs sites gallo-romains importants. Jalonnant des grands axes de l’empire : Nord-Sud depuis Lyon vers Trêves ou la traversée Est-Ouest du nord de la Gaule, Andilly, Liffol et Grand, sont des localités oubliées aujourd’hui. L’enceinte occupe un grand périmètre s’étalant sur le flanc d’une colline, le village est en dessous. 18 tours annoncées sur la périphérie, d’épaisses courtines et une vaste basse-cour vide. La partie haute est largement ruinée, engagée dans un début de forêt, seuls les soubassements subsistent bordés par un fossé profond. Il y avait là un donjon, tour maîtresse qui devait dominer le paysage, il a disparu avec la plupart des tours. La fondation du site est attestée au XIe, premier seigneur connu, Hugues de Lafauche apparaît au milieu du XIIe, jusqu’à la fin du XVe la dynastie se perpétue. Plusieurs sièges, dont un de la part de Charles le Téméraire convoitant la place. La famille d’Amboise reprend le site et entame sa modernisation, les fortifications s’adaptent à l’usage des armes à feu. Il suffit d’observer les belles canonnières des deux grosses tours toujours debout pour s’apercevoir qu’il ne s’agit pas d’un simple lifting, cet ensemble a été construit à la fin du XVe. Le visiteur ressent ici toute la puissance de feu d’un tir croisé depuis des bouches à feu digne d’un bunker. Dans la partie basse, outre les deux tours largement restaurées, se trouvait l’accès de l’enceinte. La porte, aux armes de France, était protégée par deux pont-levis. Du logis, ne demeure qu’une cavité et des soubassements qui délimitent une vaste salle et des cuisines. La chapelle se situait dans la partie haute en dessous du donjon. Au XVIIe, Lafauche, en terre Lorraine ne semble pas avoir joué un rôle déterminant dans la guerre fratricide qui oppose Louis XIII à son frère Gaston d’Orléans. Jusqu’à la révolution, la baronnie semble attractive, bien entourée par un terroir agricole certainement profitable. Plusieurs thèses divergent sur la propriété au XVIIIe, entre une descendance du duc de Lorraine et une acquisition réalisée par le fameux fermier général qui gouverne un temps la Louisiane, châtelain de Thugny-Trugny.
Demeurée une forteresse dans une contrée excentrée sans enjeux stratégiques, l’abandon puis la destruction pour la reconstruction du village paraissent inéluctables. Actuellement, le site profite d’un entretien régulier et d’une reconstruction des parties les moins abîmées. R.C.

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