La Roche 2007 France (Alsace)

Ruine-de-la-roche-R.-Crozat

Ruine-de-la-roche-R.-Crozat-2

Au dessus de Bellefosse, un village de fermes disséminées sur le versant sud de la vallée de la Bruche, à 820 m un éperon perdu dans une grande forêt d’épicéas. Je ne crois pas à la magie des lieux, tout au plus un moment de solitude préférée, associé aux facteurs climatiques et surtout à une implantation de gros mégalo. Un jour d’hiver plutôt froid, quand le givre ne disparaît pas, tu ressens presque une sensation de tiédeur quand tu t’engages dans un sous-bois de conifères. Depuis le village rien n’est perceptible, il faut monter au plus haut, jusqu’au chemin à peine carrossable, dans le pâturage le rocher est à peine visible. Longer la forêt, enfin y pénétrer, le sentier mène au pied du bloc. Isolé, impressionnant, il domine la canopée, c’est très sombre, quelques vestiges de murets au sol, un escalier métallique permet de gravir le sommet où tu respires enfin. Aujourd’hui, le détour vaut plus pour le point de vue sur le massif du Champ du Feu que les quelques empilements éparpillés sur le site. La maçonnerie a été consolidée une première fois à la fin du XIXe et plus récemment dans les années soixante-dix ! La ruine est ancienne, vraisemblablement du XVe siècle, conséquence du siège de 1469. Le château servait de base de repli pour une bande de pillards qui rançonnait les caravanes. L’évêque de Strasbourg en association du Duc de Lorraine jouèrent du canon durant huit jours, aux termes desquels le fort fut démantelé, puis abandonné après une vaine tentative de reconstruction. Les canons auraient été amenés depuis Nancy ! La fondation du site est tardive, milieu du XIVe, elle serait attribuée aux Rathsamhausen, fameuse lignée qui a possédé plus de 20 seigneuries en Alsace. Un petit siècle d’occupation pour une activité historique mouvementée et relativement bien connue. Au XIIIe, les Andlau qui possèdent le territoire le cède aux Rathsamhausen. Le fief demeure sous leur dépendance jusqu’au XVIe siècle, néanmoins il est inféodé au duc de Lorraine en 1430. Lors de la tentative de restauration en 1472 l’évêché de Strasbourg et le comté de Salm s’opposeront à l’entreprise. Sur la sommité du rocher l’emprise est réduite 5 mètres par 8, suffisamment d’espace pour une tour et un petit logis. Aux pieds, des restes d’une enceinte de basse-cour subsistent autour du rocher, il faut bien chercher parmi les amoncellement de pierres. Enfin, je vous laisse imaginer l’allure de l’escalier de bois qui permettait d’accéder aux bâtiments perchés à plus de 20 m. R.C

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