Ferrette 2009 France (Haut Rhin)

ferrette-2-ruine-R.-Crozat

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Un fort de ville, une ruine sans âme, un magnifique lieu de promenade « romantique » ou digestive dominicale. Un panorama dans un écrin patrimonial parfait, tellement entretenu et sauvegardé que la matérialité des ruines s’efface. Parvenez à Ferrette par le sud, depuis la montagne, la vallée et le rocher se découvrent comme dans un conte : un parc ou s’ébat une colonie de cervidés, sagement dissimulées dans leur cocon de verdure, les toitures du bourg  sont dominées par un mix de déchiquetures de murailles et de rocher. A l’extrême sud, plus proche du Jura que de Strasbourg, Ferrette est implanté dans une cluse, son premier château date du début du XIIe. L’histoire des comtes de Ferrette est lié à celle du rocher. Sept comtes se succèdent, avec une histoire mouvementée lorsque Ulrich I se fait trucider par l’un de ses fils qui accuse son frère et usurpe le pouvoir. La vérité ne surgit que six siècles plus tard. Puis les Ferrette rendent hommage à l’évêque de Bâle, la ville prospère. Dès la fin du XIIe les Hoenstaufen la convoitent déjà mais ce sont les Habsbourg qui la récupèrent en 1324, avec un mariage. Au XIVe c’est la guerre, les Suisses n’ont de cesse que de reprendre leur bien, le parti anglais mené par Enguérand de Coucy s’en mêle, en vain. Plusieurs familles nobles se succèdent, En 1540, les Fugger l’administrent, lui redonnent un peu de lustre et améliorent les fortifications. La guerre de Trente ans n’épargne pas Ferrette, les Suédois prennent la ville en commettant des exactions. Une armée de paysans reprend le château, immédiatement les Nordiques reviennent, leur répression est redoutable, le Sundgau est mis à feu et à sang, En 1648 le comté revient à la France, la forteresse est ruinée, mais le château bas est reconstruit. Louis XIV refile le bailliage à Mazarin qui l’habite jusqu’en 1667, la ruine définitive date de l’incendie de 1789 attribué à des « pauvres ». Actuellement, les Grimaldi de Monaco, bénéficiaires de l’héritage des Mazarin, peuvent se prévaloir du titre de comte de Ferrette. L’analyse archéologique du site est loin d’être aussi riche que son histoire. Les vestiges sont bien plus spectaculaires à la vue lointaine et extérieure qu’à l’intérieur, outre des courtines maintenues assez hautes, il conserve simplement des soubassements de bâtiments. Tout en haut du rocher se tenait un grand donjon palais, largement implanté sur deux faces dans la roche. La distribution est princière : six salles, onze chambres, cuisine et salle d’eau ! Une grande citerne se situe dans ses soubassements. Le château bas possède également un donjon dont les dimensions, 11 m de côté, impliquent un usage militaire. Découvert lors de fouilles en 1974 et vraisemblablement établi au XIIIe, il aurait subi un remaniement important à la suite du tremblement de terre de 1356. De la renaissance, sous les Fugger, plusieurs améliorations sont toujours visibles : les reprises en briques sur les fortifications, le remplacement des archères par des bouches à feu, enfin la construction d’un beau logis au pied du château haut. Là il n’en reste rien. L’accès au site se pratique facilement sur une voie dallée, depuis la rampe tu contemples les grands toits rouge-oranger des plus vieilles maisons de Ferrette. R.C.

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