Antioche, Antakya 2012 Turquie

Antioche-1-ruines-R.Crozat

Antioche-ruines-R.Crozat

A Antioche le climat est international et patrimonial, dans le centre historique les vieux immeubles se restaurent à l’occidentale pour une jeunesse dorée et de nouveaux branchés plutôt riches. Construite par les Grecs vers 300 avant JC, Rome l’aime, la repeuple en conservant son cosmopolitisme. Elle fera le berceau du catholicisme romain, sa fameuse église Saint-Pierre adossée à la colline en témoigne encore aujourd’hui. Je n’en recommande pas la visite, hormis aux papelards, plus inspirés par l’esprit du lieu que par son architecture. 526, un grand séisme ruine toute la ville, 250 000 résidents y laissent leur peau, 540 repassent les Perses, Justinien la relève et rebattit la muraille. Passent les Sassanides, les Arabes, les Byzantins, les Seldjoukides, la population se maintient entre 300 et 400 000 habitants. Le déclin, la conquête franque en 1098, première grande ville prise par les occidentaux, la fin en 1268 lorsque Baïbars libère la Syrie. En 1216 Léon Ier, roi de la Petite Arménie, s’y était installé provisoirement. En 1489 les Turcs reprennent la ville dont la population est tombée à 40 000. Le retour des Egyptiens en 1832, annonce une période d’instabilité pour toute la région, plusieurs châteaux reprennent leur vocation de sites militaires, les fortifications d’Antioche bien conservées servent de carrière. Rien ne subsiste des murailles construites dans la plaine, il faut se rendre sur la crête pour en apercevoir les derniers vestiges quand ils dépassent la forêt. En courant, la longue bande enserrait quatre collines, rythmée par des tours carrées, elle possédait également beaucoup de poternes. Difficile de défendre une telle enceinte selon les chroniqueurs, ce qui justifie les invasions subies. L’intérêt de la ruine est secondaire, en primaire il faut se contenter d’un beau point de vue sur la ville et la vallée de l’Oronte. Il y avait un château sur la troisième colline, le mont Silpius, à l’emplacement de la première acropole. Certains tronçons de muraille portent les traces effectives des divers remaniements depuis la construction grecque au Ve siècle. La largeur ne descend pas en dessous de deux mètres, tranché il laisse apparaître entre ses parements un remplissage de lits de galets. Les moignons des tours restantes marquent parfaitement leur époque, une assise constituée de solides blocs, suivie de plusieurs rangs de briques qui soutiennent une superstructure de petits blocs parfaitement taillés. N’espérez pas trouver de repos, là-haut le brouhaha de la ville se confond avec celui de la rotation des dumpers qui redescendent toute la montagne voisine dans leurs bennes, la pollution et la poussière apportent la 3e dimension, en été avec le soleil l’enfer doit devenir enviable. R.C.

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