Gosne 2012 Turquie (Cilicie)

Gosne-Ruines-R.Crozat

Gosne-1-Ruines-R.Crozat

Presque trop beau, pour une fois l’accès est aisé, même jalonné par des tables de pique-nique ! Mauvais présage, non seulement pour les abords, mais aussi pour le trop bon état de conservation de l’édifice. Dans une brume bleutée les faubourgs de Mersin scintillaient encore, la route s’est rétrécie, s’enroulant aux flancs des ravins où s’accrochent des petites villas estivales. A 1100 m, le bourg de montagne se transforme en une station touristique, échappatoire estival à la fournaise de la plaine côtière. En avant de la cité, le petit fort isolé sur son pic contrôle idéalement l’accès aux hautes vallées, vers Lampron à 25 km ou Baberon juste dans celle d’à côté. Profitez de cette unique vue de carte postale, la suite n’est que déception tant l’ouvrage est digéré par le parc public qui l’entoure, même la terrasse qui relie les deux constructions en surplomb du ravin est une création contemporaine. L’histoire connue n’est pas, cet avant poste protège la route vers les principales forteresses Hétoumides, certainement le fief d’un hobereau méritant, adoubé par un Ochin ou un Constantin… Edwards attribue la construction aux Arméniens, un travail de qualité caractérisé par un appareil régulier usant de beaux moellons à bossage. Deux bâtiments se font face, reliés par un mur sur le front Est, l’un fait la tour, l’autre la chapelle. Peu ou pas d’éléments défensifs, ou disparus : le fossé, qui aurait permis de couper le fort de la montagne, ne figure pas. Le plus grand bâti (dit la chapelle) ne possède aucune d’archère, ses seules ouvertures se retrouvent sur toute sa périphérie, il s’agit de petites lucarnes en forme de lancettes, sans doute pour un apport de lumière. Le modèle de construction rappelle celui d’Anacik ou des deux Sinap dont l’un se situe dans la vallée d’à côté. De petits forts compacts à l’allure élégante avec leurs constantes : des tours d’angles saillantes pleines, un plan quadrangulaire, des courtines régulières en moellons à bossage. La visite est courte, hormis les abords re-décorés, le reste du château s’appuie sur des masses rocheuses difficilement praticables avec 100 m de falaises sur toute la face ouest, enfin de solides grilles ferment les accès à l’intérieur de chaque bâtiment. La tour serait l’élément défensif, avec son étage, ses mâchicoulis, son archère plongeant sur la cour, les ouvertures plus importantes donnent vers les à pics de la vallée. De ce côté la voûte est rayonnante selon le plan polygonal de l’édifice, de l’autre l’allongement du construit contraint à une nef en ogive supporté par des doubleaux, vous en verrez trois. Le dernier annonce une nouvelle travée mais un mur la dissimule, au premier regard la construction extérieure paraissait plus longue que l’aperçu de son intérieur. La cloison semble ancienne, Edwards la mentionne, sans aucune porte, mais au faîte de la voûte un trou permettait de voir l’ensemble, vide, aujourd’hui il est obstrué. Toutes les interprétations deviennent possibles, mais il ne s’agit pas d’une citerne. Un maigre suspens, pour cette affaire non expliquée. Le site ne fait aucun autre mystère, dommage un peu plus de relief me laisserait sur un meilleur souvenir. R.C.

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