Mardin 2012 Turquie

Mardin-Ruines-R.Crozat

mardin-ruine-R.Crozat

La photo est prise depuis la terrasse de la Zincyre Sultan isa medresesi, dernier palier avant la falaise qui supporte la citadelle. Une grande enceinte couronne toute l’éminence, la muraille est ancienne, elle bénéficie d’une restauration récente adaptée aux besoins militaires contemporains. Zone devenue inaccessible depuis qu’elle est investie par l’armée, la vue sur la plaine de Mésopotamie y est infinie. Position stratégique au soleil finissant, les coupoles ciselées et les minarets sculptés absorbent toute la lumière que l’ocre peut restituer. Le printemps 2012 ne figurera pas dans les meilleurs souvenirs des annales des touristes, pour cause de renouvellement de son réseau d’assainissement, Mardin ressemble à un vaste chantier en attente de son hypothétique classement au patrimoine mondial. Reconstitution idéale pour le voyageur qui souhaite s’imprégner de l’esprit du passé. Ruelles puantes, défoncées, jonchées de détritus où les enfants très propres s’égaient encore avant d’aller se coucher. Temporairement, du bruit et des odeurs… rythmés par le muezzin. La ville est bâtie sur le flanc d’une colline face à la plaine, prétentieux fracas de ce microcosme urbain qui s’évanouit dans la plénitude de l’étendue. Remarquable empilement d’une unité colorée architecturale avec ses escarpements plus appropriés aux transports animal qu’aux scooters. Les adolescents s’émerveillent encore d’un cerf-volant et leurs pères d’une 280 SE des années 80, Mardin n’a jamais cédée aux Francs du comté d’Edesse. Cité principale des Artoukides du XIIe au XVe, pendant trois siècles, cette période de stabilité a procuré à la cité une prospérité et un essor qu’elle n’a perdu qu’au XIXe sous une tutelle égyptienne. L’emprise des Artoukides s’étendait jusqu’aux territoires de l’Euphratèse, en 1151 ils récupèrent l’administration du comté d’Edesse. En 1915, les chrétiens Syriaques et les Arméniens sont définitivement virés ou liquidés, ils constituaient pourtant la majorité de la population. L’ouverture à la consultation de certaines parties des archives du Vatican, a permis l’examen d’écrits, témoignages de prêtres, qui révèlent précisément ces événements consignés à présent dans l’ouvrage : MARDIN 1915. Anatomie pathologique d’une destruction. Yves TERNON. Attachée aux premiers contreforts de l’Anti Taurus, la frontière syrienne à vue d’homme, à mi-chemin de la méditerranée et du lac de Van, Mardin est vantée dans tous les guides, les perles sont rares dans ce lointain Est turc. Ville centrale et caravanière, depuis l’ère chrétienne elle aura vu défiler  les Arabes, les Arméniens, les Mongols, les Seljoukides, les Artoukides, les Egyptiens, les Ottomans, les Kurdes. Un tourbillon de richesses et de misère. R.C.

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