Cardak 2013 Turquie (Cilicie)

Cardak-2-ruines-R.Crozat   Cardak-ruines-R.Crozat   Cardak-1-ruines-R.Crozat 

Actualisation de l’article de 2009

Une infinité de chemins mène vers le sommet, bien entendu il faut privilégier celui qui épargne d’une longue marche, source de perte dans un maquis de pins et d’épineux. Les outils d’orientations modernes ont favorisé une approche plus précise que lors de notre précédente visite infructueuse. La piste depuis la route de Cardak s’est améliorée, néanmoins certains passages en cas de pluie deviennent des pièges à embourbement. La fin de partie pédestre, nécessite plus de 3/4 heures de progression sur des sentiers de chèvres, avant de tirer tout droit lorsque la muraille semble proche, confectionnez-vous des repères.
Un château sans porte, dans la construction arménienne cet organe avec son aménagement défensif fait souvent l’objet d’un soin particulier. Rien de tel sur cette grande enceinte en partie debout, hormis sur les faces plus accessibles Nord et Ouest. L’accès s’effectue par une brèche sur la courtine Ouest près d’une grosse tour. La masse rendue imposante par la dimension des blocs culmine encore à sa hauteur originelle, la pierre très dure est taillée par éclat, la solidité et le bon état de conservation du château bénéficient de cette laborieuse construction. La forêt recouvre tout le massif, à l’intérieur de l’enceinte il est préférable de longer le mur pour se repérer, depuis le point de vue dominant, sous les claquements du drapeau, les chaînes du sud-est marquent l’horizon, au premier plan la muraille redescend. La vaste basse cour indiscernable sous la végétation dissimule de grands dénivelés, elle se parcourt sur de petits sentiers courant sous des saletés arbrisseaux aux épines assassines. La visite révèle les particularités d’une occupation domestique et militaire, les grandes salles des tours conservent les traces des portes qui les fermaient, dans les étroites tours défensives les grandes meurtrières en partie obturées ont été adaptées pour un tir rasant vers le pied de la courtine. La chapelle garde une belle allure avec son abside éclairée par trois lancettes.

La visite de 2009

L’un des plus gros forts de Cilicie, Cardak s’appuie sur les premiers monts du massif de l’Amanus qui bordent le sud-est de la plaine. A 10 km à peine de Osmanye, depuis ma chambre d’hôtel je pouvais distinguer un morceau de muraille. Le château est ancien, il pourrait être cité dès 942 s’il s’agit bien du site d’Hamous. Aucune certitude  pour une attribution exacte, la corrélation entre des faits et des lieux est rarement établie, en Cilicie seule une poignée de forts en bénéficie. La localisation stratégique en fait un ouvrage déterminant dans la défense de voies importantes au moyen âge. L’accès vers le sud, par la passe de l’Amanus vers Savranda, la route de la plaine vers l’est en allant vers Gaziantep puis Edesse, enfin vers le nord dans la direction de la vallée qui mène à Goksun. Pour l’intervisibilité, sa position en bordure de plaine lui ouvre la perspective vers Toprak à l’ouest, Harunye au nord est, Bodrum au nord. Le château a hérité du nom du village juste en dessous, pour s’y rendre il faut prendre la route de Osmanye à Gaziantep. Bizarrerie turque, à une grosse intersection un panneau de signalisation indique Cardak Kalesi, direction plein sud. Ne te réjouis pas, ce sera la seule indication, 10 m plus loin il faut déjà tourner vers l’est afin de reprendre la route qui passe par la montagne vers Yarpuz/Fevzipasa. Traverse le bourg qui s’étend sur des kilomètres, comme la plupart en Turquie. D’abord dans les cultures puis dans les pins, la route monte à flanc de coteau. Après les premiers lacets, sur la droite une piste en épingle aborde la montée plus rudement, effectivement elle semble se rapprocher du château. Nous avons tenté notre chance à deux reprises, le soir après un orage, cinq kilomètres de caillasse et de boue, le lendemain matin dans de meilleures conditions, après 8 km et 1/2 h de marche nous avions toujours une vallée et un mont à franchir. Quatre à cinq heures de quête pour des prunes ! Consolation, les vestiges visibles depuis notre route sont parmi les plus emblématiques du lieu : trois tours et un beau morceau de  muraille toujours en parfait état, elle est bien plus abîmée sur la face Nord. L’enceinte est un quadrilatère de 100 m presque équilatéral, sur le plan les rares bâtiments sont accolés au revers de courtine Ouest. Un grand espace sans ouverture, Edwards y verrait bien une citerne mais campée sur un rocher  au point le plus haut, il faut s’interroger sur la collecte des eaux. Au milieu, reste un bâtiment sans toit où notre ami y placerait une autre citerne. Tout à côté un petit édicule isolé attribuable sans équivoque aux Arméniens servait de chapelle. Ce serait là leur seule contribution. Les ruines émergent d’une forêt de pins qui recouvre tout le site, celles que nous voyons correspondent au côté sud, A prévoir, quelques heures et peut être le concours d’un guide ou d’un indigène désoeuvré pour accéder au pied des murs. Position appro. : lat. 37° 05 N, long. 36° 19 E  R.C

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