Mancilik, Mancinik, Mandjilik 2013 Turquie (Cilicie)

Mancilik-ruines,-R.CROZAT  Mancilik-1-ruines,-R.CROZAT  Mancilik-3-ruines,-R.CROZAT  Mancilik-2-ruines,-R.CROZAT

Préambule à l’actualisation de l’article de 2009
Nous avons enfin repéré puis visité le château au terme de quatre excursions, lors de cette dernière des bergers nous ont accompagnés depuis la piste jusqu’au site. C’est par un chemin différent de celui d’Edwards que nous sommes parvenus à l’éperon, certainement plus long autrement plus aisé, une grande partie est aujourd’hui carrossable. Je ne révèlerai pas notre cheminement, d’ailleurs difficile à décrire, ce faisant vous en trouverez des bribes dans le premier texte, je le maintiens in extenso, il retrace notre premier périple de 2009. 

La quête, essentielle dans nos visites, s’assimile parfois à une nouvelle conquête, celle d’un autre âge aidé d’une bonne cartographie GPS embarquée, d’une étude du terrain avec le concours de Google Earth, du cumul de trois visites infructueuses, le questionnement d’indigènes dans un rayon de 3 km car au-delà nous sortons de leur périmètre domestique, enfin de la relecture des rares textes afférents.
En réalité le Château de Mandjilik contrôlait 2 passages : le très fréquenté Nord/Sud qui reliait la plaine Cilicienne à Antioche ou à Alep et la passe Est/Ouest dans le massif de l’Amanus vers la vallée qui relie Maras à Antioche. La piste traversante que nous avons empruntée correspondait-elle à celle employée par les voyageurs du XIIe siècle ? Il n’existe aucune photo de l’ensemble du château. Pourtant la voie domine l’éperon du fort de 200m, au travers de l’épaisse forêt s’aperçoivent difficilement la porte et une tour du front Nord, impossible de les photographier.
Si vous trouvez sur le chemin en contrebas de la muraille une pierre gravée d’un texte en caractères arméniens vous aurez beaucoup de chance. En 1970 elle ornait encore le voussoir de la porte principale, inexorablement elle se fait aider pour rejoindre le bas du ravin où elle disparaîtra définitivement. Après l’étude des photos d’Edwards et d’Hellenkemper, tout reste en place, la progression de la forêt semble stationnaire. Des trous en diverses places et le dégagement de la base du mur Ouest attestent de fouilles récentes, le fait d’Italiens selon nos guides. S’il est impossible de faire le tour de loin ou de près, l’intérieur est tout autant ingrat, la forêt s’y enracine en s’agrippant aux murailles. Heureusement les salles couvertes le sont toujours, l’unique dégagement de la gangue verte, s’ouvre sur un point de vue de montagne, le surplomb du rocher plonge dans la gorge. L’autre s’enfonce dans l’obscurité de l’ombre quand le plan des falaises pâlit au soleil. Il faut gravir les quelques marches taillées dans le rocher, puis s’installer sur la plateforme en attendant. Je devinai un lieu immémorial, oubliant l’attrait archéologique, supplanté par cette projection où j’ai pris une place à laquelle tant d’autres avaient goûté.

La visite de 2009

Le  château invisible, depuis la plaine, depuis la montagne et depuis la mer.
Au XIIe et XIIIe les voyageurs qui descendaient vers Antioche pouvaient apercevoir la silhouette du fort en repli des premiers monts. Enfoui dans une abondante végétation il est vraiment difficilement discernable, au terme de 4 heures d’investigation en poursuivant une piste carrossable puis une tentative pédestre dans un maquis à 600 m d’altitude nous avons échoués. Edwards en 1974 avait eu recours à un guide local, et mentionne au moins une bonne heure de marche, sans donner son point de  départ. Depuis 34 ans, l’infrastructure routière a largement progressé, nous avons pu constater que les pistes forestières étaient souvent praticables par des véhicules de tourisme, surtout s’il y a de l’exploitation forestière. Ce faisant, l’usage d’un 4 X 4 pour s’aventurer dans ces montagnes peu fréquentées est largement recommandée, les cartes précises sont introuvables, existent-elles ? Tout bien considéré, l’intervention d’un guide s’avère salutaire et économique si vous ne souhaitez pas sécher sur un sentier ou passer une nuit dans une voiture embourbée, au mieux cheminer de longues heures pour rien. Second chapitre de l’aventure, une fois le fort aperçu et parfaitement localisé il faut encore trouver le chemin le plus simple pour parvenir à sa porte. Enfin, au pied des remparts la quête peut se terminer par de l’escalade. Ma première analyse de Mancilik se borne à l’interprétation du plan et aux excellentes supputations d’Edwards. L’attribution du lieu et sa trace dans des chroniques moyenâgeuses est sujette à circonvolutions, des explorateurs allemands y verraient bien un château baptisé Neghir par les Arméniens, ce faisant il était construit en basalte noir, or ce que nous n’avons pas vu est construit en moellon de calcaire bien jaune. Assurément, le fort contrôlait l’axe nord/sud, plus tardivement il a pu servir de base arrière pour les postes de Payas à l’époque des Ottomans. Le site est nanti de plusieurs constructions à usage domestique dont des citernes, une chapelle, des salles voûtées, l’ensemble est inclus dans un système défensif puissant, autant d’équipements qui orientent vers une occupation régulière plutôt que celle d’un ouvrage de garnison. L’accès le plus aisé s’effectue par l’ouest, avec pas moins de trois portes, les autres côtés sont bordés de rochers. L’état de conservation semble attractif, tous les bâtiments sont agglomérés dans la partie haute, à l’est. Plusieurs rangs de mâchicoulis sont toujours en place sur des parties de murs extérieurs et intérieurs. Au Nord, deux grosses tours sur deux niveaux, leurs salles étaient couvertes par des voûtes en ogive. Si vous parvenez dans l’enceinte vos efforts certains devraient être récompensés. L’accès au village de Rabat/Konakli, dernier village avant la montagne, passe par Doryalik ou Dortyöl à l’est de Payas, sur la route du littoral qui descend vers Antakya. La montagne qui le supporte est entièrement boisée. Sur la route principale à Doryalik bifurquer en direction de la montagne, l’intersection se trouve avant un pont qui enjambe une petite rivière. La piste forestière qui pourrait y mener démarre après la traversée de Rabat au pied de la montagne en longeant vers le sud,  puis rapidement il faut prendre à gauche le chemin monte sur le flanc d’une colline au dessus d’une carrière, après c’est la forêt. Edwards évoque une marche dans le lit d’une rivière vers l’Est puis un accès final depuis le nord, dans une forêt très dense. Position : lat.36°47 N Long. 36°19 E. R.C

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