Yeni Koy 2013 Turquie (Cilicie)

Yeni-Koy-ruine-R.-Crozat
Yeni-Koy-2-ruine-R.-Crozat   Yeni-Koy-3-ruine-R.-Crozat
Le château, comme une couronne de lauriers, ceint une gentille protubérance au milieu du plateau. La vallée se termine, derrière les falaises il y a celle d’Aladag/Karsanti où les lourds camions tracent lamentablement en remontant la rue principale. Tout s’oppose, au calme des bruissements d’oiseaux répondent la fureur des klaxons existentiels et des triporteurs pétaradants, l’une est humide, froide, au versant couverts de résineux, l’autre est aride courue par des vents qui  balaient les saisons.  A 1000 m, au mois d’octobre l’hiver n’est plus un pressentiment, à l’isolement s’unissent les rigueurs de la vie en altitude, bien à l’écart des voies empruntées. Depuis le village, un chemin monte entre les clôtures, un bel exercice de land art qui mêle astucieusement avec une débonnaire élégance tous les ramassis de bois : planches, piquets, branchages, broussailles, bien calés dans un sommier de pierres. Une humble élégance dans une unité colorée de gris lavés par le soleil et la pluie. Des tôles assouplies claquent au vent, elles bordent des brèches dans la muraille, toute la cour sert de stabulation pour des chèvres, dans la tour Ouest le sol de la salle, relevé de déjections, en est devenu moelleux. Il n’y a pas d’histoire connue à Yeni Koy, selon Edwards la construction peut être attribuée aux Arméniens, thèse augmentée par des pièces de monnaie retrouvées par les paysans. La position et l’attrait du site se portent sur deux voies de circulation, vers l’ouest la vallée d’Etekli avec le fort de Meydan, et l’axe nord/sud qui traverse le Taurus vers Kayseri. Bizarrement, le château ne se trouve pas à cette intersection mais dans une vallée parallèle, certes plus confortable et mieux abritée à tous égards. Toute l’enceinte se cale sur la butte dont les pourtours sont taillés en aplomb, six tours disparates occupent les saillants. Trois sont pleines, l’une flanquait la porte et deux contenaient des pièces recouvertes de voûtes, la principale toujours debout servant d’étable. Les courtines gardent leurs soubassements, la partie Nord est la mieux conservée, un épais lierre s’accroche à toute la périphérie, bien taillé par les ovins il contribue certainement à préserver le couronnement. La basse cour semble logeable, des murets plutôt contemporains segmentent l’espace, mais des constructions en bois seraient largement envisageables d’autant que le mur Nord porte un décrochement propice à supporter ce type d’installation. L’appareil, en rangs réguliers se constitue de petits moellons équarris sommairement, la construction est soignée sans ostentation, il s’agit d’un château  modeste qui accueillait une petite garnison. R.C.

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