Schrankenfels 2009 France (Haut Rhin)

Schrankenfels-2-chateau-ruine-R.-Crozat
Schrankenfels-ruine-R.crozat
  Schrankenfels-2-ruine-R.Crozat

Tout commence par une belle promenade à couvert, depuis le Fistplan, un petit col qui relie Soulzbach-les-bains à Osenbhur. Une heure de marche en forêt en passant par la fameuse Borne Jaune, compte encore un bon quart d’heure lorsque tu apercevras à la terminaison d’une crête l’arête du mur bouclier de l’entrée, qui dépasse les cimes. Le site est resté à l’abandon pendant de très longues années, il avait bien reçu quelques aménagements sécuritaires ainsi que diverses reprises de maçonnerie dans la première moitié du XXe. Aujourd’hui, il bénéficie d’une grande restauration dont le relèvement du mur Est et la consolidation du front d’attaque. Sa conception est considérée comme « moderniste », les premières mentions du fort datent de 1241. En effet, le mur bouclier érigé en donjon, et placé en éperon, préfigure les murs chemise (cf Ortembourg). Idem pour les « avant-gardistes » hautes archères, elles seraient les plus anciennes d’Alsace. Néanmoins, reconnaissons que la construction est spartiate. L’appareil est un empilement de grossiers blocs de schiste extraits sur place, il pourrait il y avoir une carrière un peu plus loin, vers le Haneck. Elégante entreprise que l’arrondi qui relie la courtine Est au donjon, cet élément constitutif du front fait plus de 2,70 m d’épaisseur à sa base, ses fentes de tir mesurent 1,30 m. Une petite porte est aménagée dans la noue, sa protection est assurée par les archères du donjon. L’enceinte occupe toute une éminence, un premier fossé creusé au sud-est l’isole de la crête, un second plus étroit protège également la partie Nord. L’ensemble est considérablement ruiné, si le pourtour subsiste, il n’en est rien des bâtiments du palais qui devaient s’appuyer sur la courtine Est. Le château est élevé par la famille des Guéberschwhir sous la protection de l’évêque de Strasbourg, il devient rapidement une enclave ennemie parmi des seigneuries inféodées à l’empereur, dont les puissants Guirsberg. En 1261, les maîtres du Schrankenfels alias Guébershwhir changent de camp lorsque l’évêque autorise la construction du Schwartzenbourg au-dessus de Munster, à quelques kilomètres. Les belles alliances tournent vite à la mésalliance. A l’extinction de la lignée des Guéberschwhir, au début du XIVe, leurs alliés les Hattstatt récupèrent le site. L’évêque revient vers 1355, le château est définitivement ruiné aux alentours de 1430.
La prime est à cinq minutes en direction du nord, tu franchis le petit fossé sur-creusé, sur la bosse des vestiges d’une tour de 7 m de côté subsistent. A peine 1,50 m d’empilement de blocs de schiste encadré par un chaînage en granit, l’ensemble est passablement envahi par la végétation. L’histoire de cette construction isolée débute au XIVe, issue vraisemblablement d’un partage de l’éperon, le site n’est pas nommé. Toujours sur la même ligne, implanté sur la dernier sursaut à l’extrême pointe de l’éperon, le Haneck suit le destin de son grand voisin. Il aurait toutefois survécu jusqu’à l’arrivée des Suédois qui le  démantèlent. Les restes sont supplantés par une végétation luxuriante, tu discernes encore une enceinte dans laquelle demeure une ouverture couverte par un arc en plein cintre, le donjon fait face à la crête. La bosse est isolée du côté Sud-est (Schrankenfels) par un méchant fossé artificiel. La construction est similaire à celle des deux autres forts. Blocs de schiste encadrés par des chaînages de blocs de granit à bossage. Certains visiteurs, plus pugnaces, auraient vu des corbeaux sur un mur intérieur, ainsi que des archères, des moignons de mur demeurent en contrebas du flanc Est. L’ensemble est daté du XIVe, peut être de l’époque du morcellement du site entre les Guéberschwhir et les Gundolscheim, inféodés respectivement à l’abbaye de Munster et aux Hattstat. Ces derniers récupèrent toute la seigneurie au XIVe avec la bénédiction de l’abbaye, toujours sous la houlette de l’évêque de Strasbourg. A partir de 1585, les schauenbourg seraient les derniers propriétaires. Altitude 750 m. R.C.

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