Thil 2008 France (Côte d’Or)

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La butte de Thil en fera encore fantasmer plus d’un qui, las de se traîner au volant de sa berline confortable sur l’autoroute du soleil, admire comme dans un beau livre ce doux paysage de la Bourgogne. Image immuable du patrimoine français figé pour l’éternité occidentale. Pourtant, la vie de Thil semble avoir connue quelques récentes vicissitudes. Lors de ma première visite, au début des années 90, le site arborait déjà une première reconstruction. Le logis, principal bénéficiaire, rendu habitable et meublé sommairement, subissait une occupation sauvage avec une amorce de vandalisme. L’intégralité du site était ouverte, tant la basilique avec sa crypte que les cuisines ruinées du château. J’y suis retourné plusieurs fois, lors de ce dernier détour, en août 2008, la propriété privée était redevenue une réalité. Clôture autour des deux monuments, location pour noces et banquets, apparemment la visite demeure possible en été (il vaut mieux s’en assurer). Une grande enceinte ovoïde de 120 m sur 60, délimite le site, elle est encore bien visible, ses murs de petits moellons s’élèvent encore à plus de 8 m. Le donjon, haute tour de guet construite au milieu du XIVe, se laisse voir à plus de 30 km, et offrirait la visibilité à 50. La butte domine largement le paysage, en sélection romaine elle offrait une position stratégique sur une voie nord-sud. Au IXe, même une fille de Charlemagne y résiderait. Les bases du site actuel datent du XIe, concomitamment à celles de la famille de Thil, qui se le transmet jusqu’en 1503. Jean II de Thil, connétable du Duc de Bourgogne puis conseiller du roi, incarne le plus illustre de la lignée. Au XIVe, il octroie rente et collégiale à des chanoines, à charge pour eux de raconter deux messes par jour. La prospérité gagne le château, mais une bande d’Ecorcheurs rôde, construction de nouvelles fortifications dont la tour de guet qui culmine à 25 m. Les belles cuisines appartiennent à la mémoire des places fortes médiévales, trois grandes cheminées accueillaient chaleureusement le produit des chasses. Au cours des années 90 toute cette partie domestique végétait à l’air libre, arbustes et ruines cohabitaient. Les voûtes en plein cintre des celliers du XIIe tenaient toujours. Richelieu en 1640, ordonne le démantèlement, finalement seul le pont-levis est détruit, la place forte réduite, le château demeure, l’abandon et la véritable ruine sont constatés à la fin du XVIIIe.  La collégiale a été construite sans discontinuer de 1343 à 1350, l’ouvrage parvenu complet, résiste dans son austère aspect originel.
Le village de Précy sous Thil, juste au pied de la butte, incarne toute la quiétude de  l’immuable et du séculaire. Depuis le promontoire, l’envie te prend de contempler la répétition des parcelles jusqu’à l’infini vers les monts du Morvan. Privilégie le crépuscule afin de t’assurer la solitude et l’éternité de l’instant. RC

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