Pranzac 2009 France (Hte Vienne)

Ruine pranzac 1 R. Crozat
Ruine-pranzac-R.-Crozat

Envahi par la végétation, ce site impénétrable s’entoure d’un mystère bien dénaturé par l’environnement croquignolesque d’un pavillon contemporain vaguement squatté, et d’un stock hors d’âge de matériaux de construction. Destin ordinaire de beaucoup de châteaux ruinés qui, il y a encore 25 ans, accueillaient une ferme, une décharge ou une petite fabrique. C’est au XIIe que la forteresse se construit. Elle ferait partie des nombreuses possessions de la famille des Cars, riche lignée très influente dans le bas Limousin au XVe et XVIe siècles. La branche résidente ici prend le nom des Cars de Pranzac. Comme à Lavauguyon, situé à plusieurs dizaines de kilomètres vers l’est, le château a subi les dommages de la guerre de Cent ans, suivi d’un grand remaniement à la fin du Moyen-âge. Les redents sculptés du mur pignon du grand logis illustrent ce gothique finissant. Au début du XVIe, la passion amoureuse de l’héritière de Pranzac pour un orphelin de sang royal enracine la petite seigneurie dans l’histoire. En 1520, la belle veuve argentée du Sénéchal d’Angoumois Jean Guy de Mareuil, achète le château, sa fille Gabrielle y passe toute son enfance, jusqu’à sa maturité. Sa beauté transcende celle de sa mère qui nourrit justement pour elle un grand destin, légèrement forcé par une rencontre subreptice. Entre deux portes, elle présente la belle Gabrielle au jeune Nicolas d’Anjou, ce dernier à peine émancipé n’échappe pas à la passion dévorante d’un feu qui le consomme illico. Rapidement, la vieille Catherine organise les noces, sa belle fait coup double en associant l’amour au blé. Hélas, Nicolas vit dans l’ombre d’un puissant tuteur qui parvient à rompre le mariage, les amants rejoignent chacun leurs campagnes. Plus forts que tout, comme celui qui les dévore, ils se retrouvent en 1541 pour se marier une seconde fois, Gabrielle devient marquise de Mézières. Quant au château, qui comptait quelques trente pièces à ses riches heures, il sera vendu comme bien national et démonté pour le commerce de pierres. L’opulente végétation dissimule les ruines, principalement dans la basse cour. L’emprise des murailles, ainsi que plusieurs tours d’angles restent solidement dressées. Les courtines extérieures, accessibles par des voies communales, sont dégagées, le grand corps de logis entretenu mais assez dénaturé fonctionne à présent en tant que bâtiment agro-industriel. Sa façade intérieure est flanquée d’une tour d’escalier, certainement du XVe, un peu dommage pour le pavillon grisâtre des années 60 construit à moins de 10 m, du brutalisme réaliste. R.C.

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