Rilhac Lastours 2009 France (Haute Vienne)

Ruines-Rilhac-Lastour-R.-Crozat
Ruine-Rhilac-Lastour-1-R.-Crozat

Au sud ouest de Limoges, sur un plateau cerné de collines, un petit village et son château. Une image bucolique dont je ne devrais pas me lasser, si une fois de plus la visite était contingentée. Le site est en cours de sauvegarde… Dommage, en fin d’après midi au mois d’août, légitimement tout espoir d’ouverture est permis. D’autant que des machines de siège dépassent des murs, des baraques en bois ornées de fanions semblent attendre les touristes pour les abreuver de bière, j’imagine des hauts parleurs diffuser de la musique celtique. Ca sent la fête médiévale, le dimanche semble le plus opportun pour pénétrer dans l’enceinte et fouler le gazon de la haute basse-cour, au pied du faux vieux donjon. Le premier fort, construit au IXe, occupe jusqu’au XIIe une butte qui supporte aujourd’hui la petite église. Il s’agit d’un ouvrage plutôt en bois. Au XIIIe, migration à 150 m vers un promontoire voisin avec la construction dans un premier temps d’un gros donjon roman à contreforts plats, comme il en existe dans la vallée de la Creuse, une architecture déjà démodée au XIIIe. Démoli pendant la guerre de Cent ans, sa reconstruction s’effectue dans une même facture à la fin du XVe. Thèse bizarre, nos ancêtres s’encombraient peu de leur passé, remonter une tour à l’identique apparaît difficilement concevable a fortiori d’un point de vue militaire. Une affaire d’autant plus paradoxale si nous comparons l’évolution des modes et l’adaptation aux systèmes défensifs des châteaux voisins, qui appartiennent eux aussi aux Lastours puis aux Pérusse des Cars. Je m’en tiens là. Jusqu’en 1793, date de l’ordonnance de sa destruction, la forteresse passe entre de nombreuses mains, dont une co-seigneurie au XIVe et au XVe, régulièrement les des Cars font la paire. La famille a rapidement pris possession dans la région d’autres seigneuries : Pranzac, Lavauguyon et des Cars. Les ruines que nous contemplons proviennent de la grande reconstruction de la fin du XVe : l’enceinte polygonale, quelques tours et le remaniement d’un logis primitif du XIIIe. D’autres travaux entrepris ultérieurement concernent l’entrée, la tour de la chapelle, les renforcements autour du donjon dont un éperon et une tour. Cette dernière campagne entamée en 1500 a pris fin 30 années plus tard. Pour une construction tardive, il faut reconnaître l’austérité de l’appareil, la simplicité des formes et l’absence d’éléments décoratifs. Je clos l’inventaire, n’ayant pu cheminer qu’à la périphérie du site, en apercevant derrière un rempart de ronces et de mûriers les vestiges des courtines. R.C.

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