Marthon 2009 France (Charente)

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Une période faste pour l’occident que la fin du XIIe, le réchauffement climatique abordé pendant les X, XIe et XIIe siècles profite à tous. L’enrichissement des petits seigneurs locaux se traduit bien souvent par une transformation en dur de leur motte castrale. Dans le Sud-ouest, les partis français se heurtent aux Anglais, lors de son retour des croisades et de sa captivité Richard Cœur de Lion n’a de cesse que de récupérer les terres des Plantagenêt. L’insécurité favorise la multiplication des positions féodales. La construction du château de Marthon serait à l’initiative d’un vassal du comte d’Angoulême, un hobereau suffisamment puissant, descendant de la lignée des Montbron. Une situation importante, les vestiges de la tour réduite à sa moitié sont encore conséquents. Dans le village, au pied de la motte, une grande chapelle sur deux niveaux est en cours de restauration, l’édifice accueillait au rez-de-chaussée les pèlerins, l’étage étant réservé au châtelain. Faisait-elle partie de l’enceinte ? Quelques traces de mur subsistent autour de la butte, des habitations sur ses flancs rendent difficile l’évaluation. Le Donjon s’élevait jusqu’à 30 mètres, 15 aujourd’hui, trois niveaux sont encore identifiables, tous voûtés. Au sol, le plan est quadrangulaire avec des contreforts plats, une disposition fréquente dans la région, voyez Rilhac-Lastour au sud de Limoges. La distribution se répartit traditionnellement : au rez-de-chaussée une salle ronde couverte par une coupole, espace de stockage accessible par le premier étage. Ensuite l’étage noble, puis au second une salle de garde, dans chaque pièce une cheminée, un escalier à vis desservait les étages. Extrêmement remise en état, palliant les intempéries et la chute intempestive de pierres, la tour du Breuil manque cruellement de charme. Fort heureusement, le village avec ses maisons amassées sous la colline forme un ensemble agréable. Il se dit qu’en 1347 les Anglais détruisent le château, seule la tour demeure, dans l’appareil des traces de reconstruction sont visibles. Son occupation perdure jusqu’à la fin du XVIIIe, à partir du XVIe lors de l’édification du château neuf dans le bas du village la vieille tour devient une prison. Pendant la Révolution, la famille de Montbron qui avait acquis la seigneurie de Marthon perd l’affaire, vendue comme bien national, l’abandon entame sa ruine définitive, jusqu’à la mise sous cloche il y a dix ans. Dans le village, une autre attraction mérite un examen, néanmoins inaccessible. Une grosse bâtisse néo-classique qui rappelle le style haussmannien dissimule le fameux château neuf du XVIe. Des gravures anciennes montrent un manoir renaissance inachevé, auquel il manque une toiture et une aile. Le maître d’ouvrage est Hubert de La Rochefoucauld, la famille possédait la seigneurie de Marthon, dont la vieille forteresse. A son décès, la construction s’arrête le plongeant vers une destinée proche de son aîné, un abandon progressif. Au XIXe, un autochtone devenu député, M. Raynaud achète le manoir ruiné. Reconstruction intégrale, les vestiges renaissance sont digérés dans le nouveau projet. RC

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