Piégut 2009 France (Dordogne)

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Un château de plus dans cette région aux marches du royaume. Dépendant de Nontron, la châtellenie de Piégut fait partie du Limousin. L’occupation de cette motte naturelle « remonte », un ouvrage en bois a certainement précédé le premier château en pierre du XIIe. Lorsque Richard Cœur de Lion sort de captivité en 1199, il revient en Limousin faire son marché, sur son chemin Nontron et Piégut sont pris et pillés. L’histoire aurait pu se prolonger s’il ne s’était fait fléché à Châlus. La place, reprise par les Français, retourne dans le giron des vicomtes de Limoges. De nouvelles fortifications, dont la tour, sont entreprises vraisemblablement pendant le XIIIe. Elle présente des similitudes avec celle de Châlus, élevée par les Maulmont à la même époque. Les proportions sont semblables, 23 m pour 7 de diamètre ici, et 40 par 10 à Châlus, un rang de corbeaux pour mâchicoulis les couronnait. L’historique proposé sur le panneau de reconstitution donne trois dates de sièges ou de batailles : 1364 le retour des Anglais, 1591 la Ligue pendant les guerres de religion et 1594, la jacquerie quand passe une bande de croquants, enfin la ruine au XVIIIe. Piégut est avant tout un édifice militaire, plus qu’une résidence, au XVIle le château a perdu tout son intérêt stratégique. Qui peut se prévaloir d’une tour dominant toute la région, mais à peine habitable ?   L’édifice se situe à la périphérie du village, au pied de la motte s’étend une esplanade célèbre par son marché du mercredi, une institution qui date du XVIIe. Un premier mur flanqué de tours ceinturait la butte, ensuite une seconde enceinte défendait un étroit logis ramassé à la base du donjon, son emprise est restreinte, le bâti s’étage sur trois niveaux. Les derniers remaniements dateraient du XVe siècle, peut être la tour d’escalier, dont un pan de muraille toujours debout est percé de larges ouvertures. L’ensemble est largement remaçonné, un peu trop, devoir de précaution pour le public. L’appareil en granit diffère de ses voisins en pierre de taille et schiste, nous sommes à la limite du Périgord granitique. Le site est parfaitement entretenu, ouvert à tous. La restauration semble récente, le principal intérêt reste l’ascension des 23 m avec la vue qu’ils procurent. Pour votre information, la région regorge de ruines, la plupart d’un intérêt secondaire, soit par la taille : ici à Piégut ou à Châlus Maulmont ; par la pauvreté de restes largement bétonnés : à Des Cars ou encore à Marthon ; par le bouclage à Rilhac, Pranzac, Lavauguyon, Châlus Chabrol. Au loisir de cet itinéraire, si vous avez la chance de pénétrer à Lavauguyon vous ne regretterez pas votre journée. Les moins passionnés, avides de restauration parfaite à l’anglaise, s’enverront benoîtement près de Bournazac, la visite de Montbrun qui se mire si fièrement dans son étang. RC

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