Onoz 2010 France (jura)

onoz-ruine-2-R.-CROZAT
onoz-ruines-R.-CROZAT

« Demain je t’emmène voir un château perdu dans la forêt, personne n’en soupçonne l’existence », quel passionné résisterait à pareille invitation. Rendez-vous à Orgelet direction Onoz. Un village de 82 âmes, perché à 580 m sur un plateau de la Petite Montagne. Tout est recouvert de neige, en avant des premières habitations nous empruntons une petite route qui descend vers la Louvatière, un lieu-dit campé par une grosse ferme. Il faut marcher un bon quart d’heure en suivant certainement l’ancienne rampe d’accès à la crête, première épingle, à la suivante arrivée sur une petite esplanade. Matérialisation de la première enceinte par un début de jambage de porte, la plateforme est terrassée par un mur de soutènement. En progressant sur l’éperon, tu t’aperçois que le côté Est surplombe toute la vallée de l’Ain avec un méchant dénivelé. Deuxième enceinte, un talus comporte les traces de soubassements d’un mur. Nous sommes à 630 m, à peine 30 m au dessus du plateau d’Onoz mais à plus de 200 m sur l’autre versant. Le plus beau vestige se situe sur cette face : un pan de mur, principalement en fondation, surmonté d’une petite baie verticale. Aucun biais, mais une feuillure sur la paroi interne, il ne s’agit pas d’une ouverture défensive. La construction fait un saillant au nord, à demi enterrée une arcade en plein cintre avec ses voussoirs en place couronnerait bien une poterne. Disposition plausible sur cette face escarpée et moins exposée. En poursuivant vers le sud, la déclivité augmente, nous retrouvons des éléments fortifiés qui bordent une faille accentuée par un travail manuel. En bas, des tailles régulières dans le rocher correspondent à l’activité des carriers. Sur l’éperon, nous distinguons les restes d’un mur bouclier et d’une tour carrée, en contrebas ceux d’une porte avec vraisemblablement dans une pierre le logement pour une poutre de fermeture. Mon guide m’affirme qu’une seigneurie d’Onoz est mentionnée. La construction daterait du XIIe en défendant une voie de traversante du Jura. Une ligne de fortifications s’étend jusqu’à Lons le Saunier, pas moins de quatre sites répartis sur 10 km de crête : Onoz, la Tour du Meix, Largillay, Pont de Poitte, sans compter quelques autres à l’approche de Lons ! Tous ruinés, soit depuis le passage des routiers au milieu du XIVe ou lors de la tentative de ré annexion de la Franche Comté par Louis XI en 1479, quand les fortifications du bourg d’Orgelet sont détruites. Dernière hypothèse, pendant la guerre de Trente ans, en 1637 Orgelet est brûlé, la Tour du Meix démantelée. La Franche Comté et le jura reviennent au royaume en 1678 lors de la signature du traité de Nimègue. R.C.

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