Couterrez Marsonnay-Largillay 2010 France (Jura)

 Couterrez-Marsonnay-Largillay-ruine-R.Crozat

Couterrez-Marsonnay-Largillay-ruines-R.Crozat

Il suffit de raconter une histoire pour que des langues se délient, en évoquant ma visite d’Onoz, un ancien habitant de Marsonnay me balance qu’il connaît, lui aussi, un château oublié. Juste au-dessus de sa maison, la colline boisée de Coutterez supportait des fortifications. A vol d’oiseau cinq km distancent les deux sites, configuration et accès identiques, aucun repère extérieur, pour y parvenir il faut connaître l’endroit. Depuis Orgelet, prenez la D49, avant de plonger vers Marsonnay empruntez à droite un chemin longeant le bois, il monte doucement avant de rejoindre un chemin de débardage à flanc de montagne, à 500 m il faudra tirer tout droit vers le sommet en traversant des boqueteaux de buis. Arrivée sur un plateau, je distingue une nouvelle éminence protégée par des haies, à nouveau des grands buis. Le château se trouve au milieu d’un gigantesque buisson, un premier talus avec quelques empilements de pierres matérialisent un premier rempart. Sur la butte, altitude 620 m, l’enchevêtrement caractéristique des ruines et de la végétation laisse deviner plusieurs moignons. Un pan de mur de la seconde enceinte contient encore une meurtrière, la niche intérieure tient encore. L’appareil semble plus grossier qu’à Onoz mais la configuration est similaire, un mur de soutènement à mi pente surmonté d’une ouverture, ici pleinement défensive. Combien de temps tiendra t’il ? Le parement inférieur est manquant. Pas d’éperon barré ici, une enceinte circulaire, autour d’un gros rocher qui supportait une tour carrée d’environ cinq mètres de côté. Aux angles, les chaînages s’élèvent encore sur un petit mètre. Vers le sud, sur la deuxième enceinte un pan de mur d’au moins quatre mètres se dresse parmi les arbres, un gros lierre maintient un ensemble dont quelques pierres perchées ne demandent qu’à rejoindre la roche mère. Le lieu abrite une colonie de sangliers, nous venons de les déloger, ils occupent même le donjon ! En redescendant, le premier niveau de défense est parfaitement appréhendable, à l’ouest des traces de murets témoignent de bâtiments accolés aux courtines. Vaste emprise, au-delà de la muraille s’étend un plateau sur lequel reposaient des habitations, aucun relief visible. Toujours sur le versant Ouest, à 100 m du rempart se trouve un puits, aujourd’hui comblé. Les archéologues semblent avoir oublié le château au profit d’une nécropole mérovingienne sur la colline voisine. Déjà mentionnées au XIXe, des tombes du VIIe siècle ont été découvertes lors de l’extension de la carrière. Le site représente 300 emplacements, seule une cinquantaine a été fouillée.
Situé sur un axe de circulation qui permet la traversée du Jura, l’occupation du site de Largillay remonte à l’époque romaine. Au XIIe, l’abbaye de Château Chalon l’administre. Sans précision de localisation, autre que sur ces sommités, une église aurait été édifiée sur un temple antique et un camp retranché baptisé « mur des Sarrazins » peut-être à l’origine du château. Sa destruction est vraisemblablement contemporaine de celle d’Onoz, il reste à en déterminer la période : guerre de Cent ans, tentative de ré annexion de Louis XI ou guerre de Trente ans ? 1479 serait le plus plausible, l’allure des vestiges vaut bien cinq siècles d’abandon. Les fermes au pied de la colline portent dans leurs murs et aménagements des pierres de réemploi. R.C.

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