La roche Guyon 2009 France (Val d’Oise)

 

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Des histoires pour tous. Au IIIe siècle, une chapelle troglodytique commémore le martyr de Saint Nicaise décapité dans les environs. Le cardinal de Rohan l’aménage et la reconsacre au XIXe. 1944, dans le socle de la falaise, Rommel creuse son QG. En 1109, tentative de prise par les Normands qui assassinent le duc et sa famille, intervention royale salutaire. Domination anglaise à l’issue du siège de 1419, ils y séjournent 30 ans, à la reconquête l’incorporation au royaume dévalue l’intérêt stratégique, fin de l’ère militaire. Pendant le XVIIIe, Madame d’Enville et son père le duc de la Rochefoucauld transforment la forteresse médiévale en palais. Lieu de villégiature proche de Paris, il accueille lettrés et penseurs jusqu’à la fin du XIXe. Le lecteur de Bandes Dessinées retrouve dans « le piège diabolique » de E.P. Jacobs, les ruelles et le vieux donjon qui surplombe depuis la crête la Seine et son île. Tout paraît débuter dans la falaise avec un calcaire tendre, facile à creuser, le premier château est en négatif ! Invisible, sans prestige, mais efficace avec sa vue imprenable sur une large boucle de la Seine, voie de passage incontournable entre la Normandie et le royaume. La Roche-Guyon appartient à la rive Est de l’Epte, en zone frontalière sensible la position stratégique implique les grands aménagements du XIIIe, en haut et en bas de la falaise. Dès la fin du XIIe, les travaux se portent sur la crête, construction d’une tour de cinq niveaux pour 35 m de hauteur. Démolie en 1793, elle culmine toujours à 18 avec seulement deux étages. Une double enceinte la protège, le premier rang se considère comme un mur chemise surtout en direction du plateau, à peine deux mètres distancent les parois. La seconde enceinte un peu plus large, ménage une petite basse-cour qui s’approche au plus près de la falaise. L’accès au donjon s’effectue traditionnellement au premier étage, à l’intérieur pas de voûtes simplement des planchers. Depuis la terrasse, une belle vue verticale sur l’ensemble du château illustre toute l’histoire de son développement, du XIIIe au XIXe. La ruine est passablement entretenue pour annihiler tout émoi, heureusement l’escalier souterrain glisse un peu de mystère, si tu l’empruntes seul. L’ouvrage reliait le poste de défense du plateau au nouveau château bas. Construit au niveau du fleuve, adossé à la falaise, muni de tout l’attirail militaire du XIIIe il disparaît en partie sous les ajouts et plaquages des XVIIe et XVIIIe. De la fortification, plusieurs stigmates demeurent visibles, amusez vous à retrouver des traces de herse, d’assomoir ou du chemin de ronde. Je recommande la visite de La Roche-Guyon en hiver, le site vide de touristes suinte le calme humide du fleuve et de ses brumes, les souterrains restituent toute la chaleur de la terre. R.C.

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