Anavarza 2005 Turquie (Cilicie)

 

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Anavarza Turquie Cilicie

 

La grande plaine fertile s’étend des contreforts du Taurus au rivage. Plantés sur leurs pitons isolés, les forts dérident les ocres de la monotone platitude fondue par le soleil. Au nord-est d’Adana plusieurs sites se dressent ainsi, se surveillant entre eux. La falaise d’Anavarza se distingue à plus de 20 km à la ronde, depuis Toprakale elle flotte sur l’horizon voilé. En parvenant sur ce lieu, dominés par l’immense barre qui culmine à 200 m, les restes de constructions romaines s’étalent dans une belle prairie verte broutée par des moutons. Après un pauvre village, l’accès au site s’effectue au sud, juste avant la passe entre les rochers, si vous ne souhaitez pas vous faire importuner laisse votre auto près des rochers et grimpez fissa, avant qu’un vieux trésorier turc jovial et transpirant l’oignon ne vous repère. Plusieurs marches taillées et des fragments de bâtiments entament l’ascension au pied la colline. 30 longues minutes d’ascension sous un soleil bien lourd nous amènent au bord du plateau. Ici débute la première enceinte, un mix arabe, byzantin et arménien qui augure le réemploi dont ils vont user un peu plus loin, n’oublions pas le travail des Mamelouks qui occupent le site jusqu’au XVe. Passée la porte, s’étend une vaste prairie de laquelle émerge une chapelle arménienne. Le volume du bâtiment demeure, ses trois nefs accolées s’écroulent mais une voûte en cul-de-four porte encore des traces de pigments. A 400 m, sur une bande étroite en surplomb, ceinte de murailles, comme un monument il y a le château, isolé du plateau par un fossé. Imposante masse de pierre qui atteste de sa très ancienne occupation, corroborée par le recyclage de blocs d’époques antérieures, principalement dans les soubassements, frises d’attique, corniches, colonnes, chapiteaux se retrouvent mêlés sans dessus dessous. Un caractère récurrent dans les constructions arméniennes où la rapidité de construction et l’efficacité prévalent. Autour de ce second plateau les nombreuses constructions longent la courtine. Depuis l’une des baies du donjon, 150 m plus bas se dessine le tracé de l’enceinte romaine, je devine le plan de l’ancienne cité vespasienne, les moutons comme des poux blancs s’accrochent à la pelouse remarquablement verte dans l’aride monotonie. Vers l’extrémité nord, la dernière partie de la barre épouse une arête rocheuse qui serpente, monte et redescend, file en emmenant 500 m de muraille. D’une ville romaine devenant capitale de la petite Arménie, Anavarza trépasse aujourd’hui comme un simple village. Après cinq siècles d’occupation romaine, ruinée par les conquêtes arabes en 824, reconquise par les Byzantins, les Croisés y séjournent, puis les Arméniens l’élisent capitale de leur petit royaume jusqu’en 1186, avec quelques vicissitudes, ils tiennent de 1111 à 1374, date de la capture par les Mamelouks, l’abandon survient avec la pacification ottomane.R.C.

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