Bogazpinar Sinap 2005 Turquie (Cilicie)

Bogazpinar Turquie Cilicie

Bogazpinar-2

Un vieux panneau tordu et gris indiquait bien Bogazpinar kalesi dans une descente 3 km avant Lampron, mais nous n’y prêtions aucune attention. En remontant, après la révélation de ce site improbable sur le tertre de Lampron, mon œil gauche lorgnait sur chaque route adjacente, je la retrouvais enfin au second passage. Rapidement la route se commue en chemin, tout d’abord au milieu de maisonnettes de villégiature, puis en pleine prairie. Elle se distingue de mieux en mieux aux détours des virages, une tour seule, posée sur un gazon en pente douce à 1270 m. En contrebas d’un gué, des nomades campent, roulottes, chevaux et tracteur, pas de berline allemande pour tirer la caravane. Des tronches noires comme leurs vêtements, une vieille femme bricole un feu pendant que des ados font brailler un chien, des hommes coupent du bois je reconnais la mélopée de la tronçonneuse. Laisser l’os en contrebas du château, en espérant que les gamins ne viendront pas nous casser les pieds. Solitude et ruine bucolique un vrai luxe, seul bruit, celui des clarines des moutons plus haut dans l’alpage. La construction est simple, un quadrilatère avec quatre tourelles pleines, la maçonnerie utilise essentiellement des pierres à bossage. Un périmètre d’archères ceinture l’édifice, trois par face, de belle facture avec un étrier à la base, à l’intérieur elles profitent de niches. Deux portes, l’une basse sur la façade aval pour le rez-de-chaussée, surmontée d’une bretèche qui la protégeait depuis le couronnement, trois corbeaux s’y maintiennent toujours. Sur la face amont à trois mètres, certainement la porte l’originelle destinée à l’accès principal. En général les entrées sans système de défense sont surélevées, ici, nantis de sa bretèche assommoir la porte basse se trouve en partie protégée. Autre supposition, il n’existe peut-être pas de circulation interne entre le niveau haut et le bas, je ne me le rappelle plus, une partie de la voûte a disparu. Les trois niveaux étaient voûtés, il faut y ajouter une terrasse. Désolation sans surprise à l’intérieur, reconverti en bergerie depuis plusieurs siècles sous un chaos de pierres et d’herbes, peu engageant. Les trois voûtes sont tombées en cascade. La salle basse demeure en partie couverte, aux niveaux supérieurs il ne subsiste que les arches. A l’extérieur je respire à nouveau, à 5 km le rocher de Lampron sort du paysage. Ne comptez pas sur l’histoire de la tour, simplement quelques réflexions. La relation avec le rocher en face est évidente, l’intervisibilité la justifie, destins scellés pourtant beaucoup d’éléments les opposent, le style presque élégant de Sinap, sa maçonnerie à bossage contraste avec l’appareil jointif de Lampron avec ses constructions hautaines scellées aux rochers alors que la tour se dresse en pleine pampa sans autres éléments défensifs. Un petit ouvrage d’interposition comme il en existe autour de chaque forteresse. Tellement improbable que je ne m’en lasse pas de cette tour dans sa prairie d’alpage. R.C.

Publicités
Cet article, publié dans la Cilicie, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s