Korykos 2005 Turquie (Cilicie)

Korikos 2005 Turquie (Cilicie) necropole

Nous aurions pu faire un reportage sur le tempérament sportif de la Fiat Albea essayée sur la route de la côte qui relie Antalya à Adana, cela vaut bien une « spéciale » dans le Tour de Corse. Seul inconvénient, nous roulons sur route ouverte avec les camions turcs fumants hors d’âge surgissant comme autant d’obstacles pour « faire un temps » entre chaque site touristique. A l’est le soleil se couche plus tôt, en arrivant à Korykos vers 17h, vous n’aurez plus le choix entre le château de terre et celui de mer. A 200 m de la plage l’île ne s’approche plus qu’à la nage, la compensation, nous profitons du Technicolor crépusculaire, une lumière jaune orangée enflamme les pierres sur un fond de mer bleu profond. Imaginons la baie 20 ans auparavant, son allure moyenâgeuse un peu sale mais inchangée depuis le départ des derniers Croisés. Aujourd’hui des buildings de plusieurs étages bordent le front Ouest de la magnifique plage, heureusement à l’est le château n’est pas encore encerclé. L’occupation de la baie de Korykos remonte à bien avant l’Antiquité. Lorsque les Arméniens en font leur deuxième port et construisent le fort au XIIe, les Byzantins, les Arabes et les Grecs utilisent déjà l’endroit, les stigmates de leur passé constellent les murs du fort. Colonnes, entablements, jambages, linteaux, stèles funéraires, bornes, portails proposent un nouveau jeu pour les promeneurs. Sampling à Korykos : identifie et attribue l’origine des pierres recyclées.
Un endroit stratégique pour les Arméniens, entre Silifke et Tarsus il protège l’accès côtier de la Cilicie. La plupart des historiens s’accordent sur la fondation du château actuel au début du XIIe, une époque trouble, les Croisés tiennent le lieu quelques années avant de se faire déloger par les Byzantins, les Arméniens craignaient les Mamlouks, les Chypriotes jusqu’en 1360 assurèrent le dernier rempart contre l’annexion définitive des Arabes. Quant aux Grecs, ils avaient édifié le premier fort dont les éléments se trouvent maintenant scellés dans les murs de ce que nous visitons. L’implantation de l’ensemble occupe un éperon barré, à mains d’hommes, le fossé taillé dans le rocher isole la forteresse. Doté d’une double enceinte en quadrilatère presque parfait le monument forme un ensemble puissant et élégant, des tours carrées encadrent et rythment les murailles. La ruine se porte bien, sa visite regorge de détails croustillants : d’abord dans les tours, avec des escaliers dans l’épaisseur des murs et des étages voûtés sur 2 voire 3 niveaux; un chemin de ronde préservé sur l’enceinte extérieure ; la porte de la mer avec vue imprenable sur la baie et le château de la mer, enfin toujours la mer qui pénètre dans le fossé en frappant ses flancs noirs, les hautes tours qui le bordent me ramènent au fossé de Saône. Dans la basse-cour les constructions de moins bonne facture sont bien plus abîmées, néanmoins de beaux vestiges permettent encore l’affectation des bâtiments, à repérer les trois chapelles (une seule date de l’époque arménienne). D’autres bonnes surprises, vous attendent de l’autre côté de la route, d’abord les premiers tombeaux creusés dans le roc juste en face du château. L’œil exercé repérera plusieurs bas reliefs illustrant des soldats plutôt romains. La promenade se poursuit en gravissant le plateau sur lequel s’étale sur plusieurs hectares une formidable nécropole du début de l’ère chrétienne. Oubliée de tous, sauf des agriculteurs qui déplacent régulièrement les sarcophages pour leurs plantations. A perte de vue, une plaine de coffres, certains conservent leur couvercle, d’autres brisés et renversés. Plusieurs anfractuosités dans le plateau accueillent des tombeaux rupestres. Le tableau se complète par des ruines imposantes, des bâtiments principalement religieux, certains formant un complexe important, d’autres disséminés émergent de l’étendue en friche. De nombreuses inscriptions sur les murs représentent une écriture gréco-byzantine, les sarcophages portent eux aussi des signes, mais d’influence romaine. R.C.

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