Mamur Kalesi 2005 Turquie (Cilicie)

Mamur CilicieMamur Cilicie 2

Il a de l’ampleur ce premier château sur la route vers la Cilicie. Depuis Antalya deux jours déjà, sur la route de Mersin les ruines romaines absorbaient tout notre temps. Cette forteresse surdimensionnée me donne l’impression d’une seconde arrivée dans ce pays, nouveauté découverte différence, à Mamur la mer lèche la base de la courtine et des tours sont tombées dans l’eau. Pourtant, il n’est abandonné que depuis la fin de la première guerre mondiale. Au bord de la célèbre route 400 qui longe toute la côte méditerranéenne, combien de gars, vaillants aventuriers longèrent les murailles avant de se glisser dans la bleue profonde. La roche devient blanche et agressive, luttant contre la méditerranée, Frédéric Barberousse, même la frivole Aliénor s’y baignèrent. Vite avant qu’un bus de touristes germains vienne réveiller le site, nous payons une somme modeste avant de pénétrer dans la grosse tour carrée couvrant l’entrée. Le bel état du crénelage ravit les touristes, l’intérieur des tours ne les décevra pas non plus, les salles en grossière maçonnerie présentent bien. Ils pourront aussi monter et descendre à loisir depuis le couronnement des tours jusqu’aux salles basses, en passant par le chemin de ronde, sans oublier les galeries dans l’épaisseur de la courtine, il y a de quoi amuser les familles. De l’aventure et du risque également sur le côté ouest du bord de mer où tours et murailles se sont effondrées, les coursives s’arrêtent brutalement sur des effondrements de blocs encore maçonnés. Au centre, la basse-cour d’un bon hectare se sépare en deux sur toute sa longueur, il s’agit plutôt d’une extension du site vers la plage avec un rang de muraille supplémentaire posé sur un remblai, la similitude de maçonnerie incite à penser à des phases de construction proches. L’histoire se mêle à celle d’Anamur, la ville proche, au IIIe les Romains édifièrent un premier fort, repris et aménagé par les Byzantins, le château que nous visitons aujourd’hui daterait de la fin du XIIIe. L’époque des grandes constructions arméniennes bat son plein. Mamur, s’il s’inspire du savoir-faire arménien est bâti par un sultan Seljoukide, au XIVe il se retrouve temporairement aux mains des Croisés qui l’utilisent comme un poste avancé pour leur implantation chypriote. Récupéré et agrandi au XVe par les Ottomans l’occupation dure cinq siècles, apparemment pour se défendre de Chypre au large et de l’implantation anglaise au XIXe. Rendez vous dans la grosse tour Est, les voûtes des salles sont en moule de baba au rhum, la pile centrale abrite le conduit du puits et l’escalier l’enserre. Un bus vient d’arriver, un lot de touristes s’égaille dans la basse-cour, fissa, il est temps de faire le tour de l’impressionnant rempart aux mille et un points de vue. Régal de panoramas, entre mer et montagnes, presque en Technicolor pour les cinéastes qui l’utilisèrent pour leurs décors de films. R.C.

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