Softa 2005 Turquie (Cilicie)

Softa Kale Cilicie

Softa Kale Cilicie 2

Au bord de la route qui mène à Tarsus, 20 km après Anamur, la montagne s’avance sur la mer, l’ultime sommet dominant de 200 mètres supporte une vaste forteresse sur sa crête. L’enceinte défendue par de nombreuses tours et contreforts encercle toute la sommité dont un village. L’implantation se divise en trois espaces. Sur l’extrême protubérance à l’est, un réduit habité et fortifié surplombe la falaise. Sur le flanc Sud, plus exposé, deux enceintes se répandent dans un arrangement qui ressemble à celui de Yilan kale. Des tours carrées consolident la muraille supérieure, en dessous sur l’enceinte basse elles s’arrondissent évoquant la pratique Arménienne, au total plus de 100 mètres de courtines en bon état courent encore. Ici pas de belles pierres taillées, assemblées avec soin, le schiste ne se travaille pas facilement, mais l’appareil constitué de blocs irréguliers noyés dans le mortier, démontre toute son efficacité et sa résistance. Depuis son abandon, certainement au XVe, le château et ses murs se tiennent toujours debout. Ce type de construction s’apparente au travail des Byzantins, l’allure du château devait être déjà définie lorsque les Arméniens reçoivent la place en récupérant la région au XIIe. Pas d’information historique sur le lieu, stratégiquement cette implantation en bord de mer renforçait le dispositif de protection côtier d’accès à la Cilicie avant Silifke. Entre le XIe et le XVe, la position servit tour à tour aux protagonistes des environs : Byzantins, Croisés, Arméniens et Arabes qui le récupère avant 1266. 
La particularité du château se situe dans un élément structurel qui se retrouve aux encadrements des deux portes ainsi que sur les courtines, il s’agit de contreforts triangulaires adossés à la masse du mur. En forme d’éperon ou d’amande, les plus spectaculaires encadrent la porte du château haut. Un dispositif moins militaire que structurel, qui ne permet pas la défense par le couronnement, mais rigidifie la structure que l’irrégularité des blocs de schiste ne permet pas. Sur la colline écrasée par la chaleur, une heure trente d’ascension dans le maquis pour parvenir au sommet. Nous n’y sommes pas montés, trop chaud, trop long, nous avions passé beaucoup de temps à Mamur kalesi et nous devons avancer vers Silifke qui promet beaucoup, puis rouler encore deux ou trois heures sur cette maudite route de la côte en corniche, encombrée de camions asthmatiques. A Korykos deux châteaux nous attendent. Une journée difficile.
 Piètre compensation, assez vite, nous ferons un demi tour du piton en suivant la route, aux pieds des falaises j’ai photographié quelques maisons de paysans, en me disant que le temps ne passait pas aussi vite pour tous. Seules concessions contemporaines des bâches de polyane sur le toit d’un appentis. R.C.

Advertisements
Cet article, publié dans la Cilicie, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s