Yilan 2005 Turquie (Cilicie)

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Yilan Turquie Cilicie

L’emblème des châteaux de la petite Arménie, silhouette iconique du patrimoine de la province de Cilicie, les guides touristiques citent volontiers Yilan Kalesi, le château du serpent. La nuit, lorsqu’il jouit d’un éclairage, ses hautes murailles se découpent dans l’obscurité, la journée il émerge du nuage de poussière blanche de la colline voisine qui disparaît en poudre de carrelage. Au bord de la route principale qui traverse l’Anatolie, il affiche une fière silhouette sur sa colline, ses murailles et son équipement défensif restent en bon état. Comparez-le au Haut Koenigsbourg en Alsace, le lieu idéal pour la balade du dimanche après midi, dommage que la Turquie soit aussi loin. Facile d’accès, difficile de se tromper, la petite route depuis la nationale mène directement au parking, ensuite il faut un quart d’heure pour parvenir à la porte, évitez les heures chaudes. La progression vers le château me régale, les murailles successives se découvrent, les tours s’enchevêtrent. Dès la première enceinte, survient la puissance de la fortification et le respect qu’elle impose, flattant son propriétaire et impressionnant son hôte. Les constructions se concentrent sur un éperon de 200 m de long et 100 au plus large, le site se partage en trois parties auto défensives. Les enceintes basses protégeaient l’approche de la partie haute où se masse l’habitat. Les deux basses-cours parallèles, accrochées aux flancs du rocher, ne valent que par les lacets de leur belle muraille en pierres à bossage. Leurs deux portes, placées sur le même axe, sont défendues chacune par une tour. L’accès au plateau supérieur nécessite d’escalader plusieurs rochers, il devait y avoir une structure en bois : escalier ou pan incliné. L’entrée, remarquable de systèmes défensifs, se fait dans un châtelet encadré de deux hautes tours de trois niveaux, tout y figure : un système  défensif depuis le couronnement, l’assommoir en avant de la porte, la souricière avec ses deux ouvertures à 90 degrés. Passé cet ouvrage, la cour se découvre afin de laisser admirer l’intérieur de l’enceinte en parfait état, à gauche la voûte de la grande citerne dépasse du taillis, parfaitement fraîche. Sur toute la périphérie, des tours bastionnées ont conservé leurs salles basses voûtées. Sur les courtines, toujours dressés, les merlons en quartier de lune datent des aménagements réalisés par les Mamelouks.  Au centre un chaos de roches et de végétation dissimule les ruines de la chapelle, en contrebas une autre citerne, seul vestige de l’occupation du site à l’époque byzantine. L’ouvrage à demi enterré, se double d’un parement de  briques, vous y verrez également une rigole de récupération des eaux. Avant de sortir, pénétrez à l’intérieur des tours du châtelet, il y subsiste de belles voûtes. L’histoire manque cruellement, à ce site aussi prestigieux, inconnu également son nom médiéval. Certains détails architecturaux  dont une clé de voûte de la porte principale permettraient de dater certaines parties de la construction, contemporaine du règne de Levon Ie maître du royaume à la fin XIIe, la grande époque des châteaux de Cilicie, rien de sûr. R.C.

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