Silifke 2005 Turquie (Cilicie)

Silifke turquie Cilicie

Silifke turquie Cilicie

Le château sans porte, comme le mentionnent les rares guides touristiques qui en parlent. Idéalement situé à l’intersection de l’axe Nord Sud qui menait les croisés du plateau anatolien à la mer et Est Ouest sur la stratégique route de la côte méditerranéenne. Le lieu appartient déjà à l’antiquité, fondée par l’un des généraux d’Alexandre la ville se nommait Seleucia, après les premières invasions arabes, au IXe et Xe l’étau byzantin se resserre, les empereurs reconquièrent la région. Du XIIe au XIVe rôdent toujours les mêmes, la cité change de propriétaires, au gré d’alliances et de mésalliances entre les quatre protagonistes : Byzantins, Arméniens, Croisés (Francs et Teutons) au début puis Mamelouks à la fin. Parmi ces illustres, deux chefs Arméniens s’y distinguent, Levon Ie qui finit emprisonné à Constantinople et Levon II qui s’allie à Frédéric Barberousse récupère, pérennise et devient Levon Premier, premier souverain du royaume de Cilicie. Frédéric gardera un très mauvais souvenir de Silifke puisqu’il s’y noiera en 1190. Il accompagnait la célèbre troisième croisade qui regroupait également Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion et devait se confronter à Saladin, belle époque et grands hommes ! Le château s’étend sur plus de 200 m de long et 80 de large, sa colline domine la ville ancienne et son énorme citerne romaine. La construction agglomère un peu toutes les tendances, qui a pu poser les fondations, les Séleucides ou les Romains ? La grande enceinte, avec ses 10 tours, quoique ruinée demeure en place, un début de restauration voire de reconstruction est en cours, un travail « d’Allemand » sans doute, vu la qualité impeccable du parement. Heureusement, il semble arrêté. L’entrée du jour s’effectue sur la face Nord après avoir utilisé un long corridor. Une paroi double sur la longueur plus de la moitié la courtine la plus exposée. Allez voir en contrebas une grande citerne enterrée. La porte franchie, je ne retiens pas ma déception en embrassant un immense champ de pierres, il ne reste rien au centre, des pans de mur émergent, à côté une citerne, les bâtiments principaux sont à l’ouest. Depuis l’un des tas de cailloux, le point de vue circulaire donne la mer au sud, et rien que les montagnes aux alentours, ce ne sont pas les constructions qui obstruent la vue ! Faire le tour… les vestiges témoignent de vastes espaces couverts, nous avançons à l’intérieur de longues gaines en voûte d’ogive crevées par la ruine. Quelques belles salles basses voûtées demeurent au fond des tours. En dessous du mur sud, apparaissent les traces d’une première enceinte, elle devait cerner l’ensemble, un fossé séparait les deux murs. L’avantage indéniable du château de Silifke réside dans son positionnement périurbain, il dispose aux pieds de ses murailles d’un restaurant « d’altitude » qui accueille la population en goguette dans une ambiance festive de lampions et de brochettes ! R.C.

Publicités
Cet article, publié dans la Cilicie, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s