Toprak 2005 Turquie (Cilicie)

Toprakale Turquie Cilicie

Toprakale Turquie Cilicie

Sur la seule colline à la croisée de routes stratégiques, un grand château noir au bord de l’autoroute. Lieu de rencontre, tour à tour possession des Byzantins, des Mamelouks, des Arméniens, puis des Ottomans et même des Egyptiens, sans oublier le passage des Croisés. Le château occupe toute la sommité, avec une double enceinte, ses deux basses-cours, ses salles des gardes, ses longues écuries, tout est à l’échelle du site. Des dimensions qui ne ressemblent pas à celles des autres forteresses de Cilicie, mais évoquent plutôt une configuration de site isolé en pays hostile. Sa pierre noire de basalte et son implantation me rappellent les plus grands châteaux de Syrie. Henri Paul Eydoux associait volontiers le Krac des Chevaliers aux forts de Cilicie. Les Arméniens participèrent à la construction des forteresses franques, ils s’en inspirèrent dans l’édification des leurs. Trouver des similitudes entre Toprak et le Krac… peut-être sur le plan. L’allure générale évoque plus facilement le Marquab.
Parvenir jusqu’au château, omniprésent depuis la route principale, il ne requiert pas la traversée du village de Toprakale, poursuivez sur la nationale jusqu’au fléchage. Le stationnement s’effectue dans la première basse-cour en contrebas, l’entrée actuelle ne correspond pas à celle du Moyen-âge. Il existait deux autres poternes au sud et à l’est, doutons, car l’une était mal protégée, l’autre implantée dans un cul-de-sac. L’endroit vit depuis l’âge du bronze, des vestiges de village médiéval subsistent sur le flanc Ouest, la première forteresse daterait du VIIIe, à l’époque les arabes l’appelaient al-Kanïsah. De 1137 à 1337, fin de l’occupation arménienne, il change au moins huit fois de mains, les Egyptiens l’occupent jusqu’en 1491. Lorsque les Ottomans pacifient la région, Toprak devenu inutile, sauf pour les carriers, sombre comme ses pierres dans l’oubli. En pénétrant vient d’abord l’âpreté, puis la désolation augmentée par la chaleur, suivie de près par l’angoisse propagée par la bichromie du vert et du noir. Ni donjon, ni hautes tours, rien ne dépasse au-delà de deux niveaux, aucune construction au centre de la basse-cour. Les bâtiments couverts s’adossent à la courtine une disposition récurrente, nombre de salles ont conservé leur voûte. De longues écuries et celliers s’appuient sur le mur ouest, un espace entre le plafond de poutres et les voûtes permettait de stocker du fourrage, la galerie se terminent bizarrement par deux petites pièces enterrées sous la tour Sud-ouest. La fameuse, avec sa bande blanche horizontale, bien repérable, elle intrigue, et s’attribue aux Mamelouks plus soucieux du décorum de leur maison que les rustres montagnards Arméniens. D’autres endroits confirment cette idée, notamment dans le relèvement des niveaux avec des traces de maçonnerie plus soignée.

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