Olivet – Grimbosq 2010 France (Calvados)

olivet-grimbosq-ruine-R.Crozat
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Le « château » éphémère, d’une résidence de petits seigneurs, fraîchement installée en Normandie. En provenance de l’Anjou, la famille porte le nom de Taisson. L’histoire se déroule au milieu du XIe ; Raoul, le père, à deux fils devenus ennemis. Raoul II, l’aîné, est installé à Mutrécy le village voisin, Erneis le cadet occupe l’éperon d’Olivet. Raoul reste le plus connu, essentiellement pour sa participation à la conjuration contre le jeune duc de Normandie, le futur Guillaume « Le Conquérant ». Ils seront défaits à Val lès Dunes en 1047. Les objets ainsi que les vestiges relevés lors des fouilles attestent d’une occupation qui ne s’éternise pas au-delà du XIe. A présent en pleine forêt, l’implantation ne reflète pas celle d’il y a presque mille ans, la vue depuis la tour contrôlait la vallée de l’Orne tout en dominant deux petites rivières confluentes, celle du Coupe-Gorge et du Grand Ruisseau. Une disposition classique avec un éperon barré protégé par un fossé, puis par une levée de terre. Dans une première basse-cour : la forge et l’écurie, au centre la motte artificielle défendue par un fossé circulaire, enfin au bout de la plateforme une seconde cour avec la partie résidentielle. Le site proposé à la visite est une reconstitution au coeur d’une zone touristique parfaitement aménagée, il est intelligible par tous les publics. L’affaire ne manque pas d’attrait, l’imagination peut travailler, les vestiges du XIe représentent surtout des travaux de terrassement : les fossés, le rempart de terre, la motte et les deux terrasses. Les fouilles ont permis l’exhumation de divers objets « aristocratiques » tels que : bijoux, pointes de flèches, éperons, pions de jeux. Quelques portions de murets de pierres sèches mises à jour parfaitement reconstituées donnent les bases des trois bâtiments de la basse-cour Nord, cuisine, chapelle et résidence, ces fondements supportaient un ouvrage en bois. Sur la butte centrale, juchée sur des pilotis, trônait la tour de guet en bois, reliée à la basse-cour résidentielle par un long plan incliné. Une pile centrale dont la base est toujours visible supportait l’ensemble. Controverse sans suite, une mention fait référence au titre de propriété d’un « châtelain d’Olivet » au XVIIe… L’analyse rapide des vestiges, l’absence d’élévations maçonnées ne prêchent pas pour une vie résidentielle et seigneuriale sur un pareil site à l’époque moderne.
En poursuivant la promenade dans la forêt de Grimboscq, à quelques kilomètres toujours en pleine forêt, les vestiges d’un autre château sont mentionnés sur certains plans et cartes. Il se trouve en bordure du GR 36 en direction du village de Grimboscq. Inutile de s’exciter, seul un œil averti peut déceler la levée de terre d’un mètre cinquante de haut qui forme un quadrilatère d’environ 25 mètres de côté. La surface est entièrement recouverte de ronces et de fougères, aucune trace de fouilles, nulles pierres ou éléments de maçonnerie, simplement un fossé bien taluté. L’état du terrassement est régulier, la plateforme centrale ne comporte pas de protubérance. Je n’ai trouvé aucune attribution, à peine l’évocation sur la localisation d’un site archéologique. L’endroit pourrait être contemporain d’Olivet, les Taisson s’appuyaient sur plusieurs ouvrages dans les environs. Le rempart de terre pouvait supporter une palissade de pieux flanquée de tours de guet. R.C.

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