Mansencome 2010 France (Gers)

mansencome-chateau-ruines-R.-CROZAT
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Depuis le Tauzia le château de Mansencome semble parfait, ses hauts murs et ses toitures font illusion. Au milieu du village, enserré de maisons, une belle pelouse des massifs fleuris signifieraient une parfaite résidence secondaire, un beau portail blanc infranchissable peaufinerait le tableau. Parvenir au petit village éloigné de la grande route est néanmoins facile, tant de chemins convergent vers cette crête. L’espoir renaît au plus près, les ouvertures béantes ne possèdent pas d’huisseries et la toiture fatiguées fait dans le dépenaillé, sur la plus haute tour l’herbe pousse. La construction écrase tout un lot de petits bâtiments mal entretenus, l’accès à la cour est défendu par un portail autant rouillé que sans allure. Le château domine une exploitation agricole hors d’âge, ça flaire l’abandon, mais le peu de vie apparent n’invite pas à la visite. Contentons nous d’en faire le tour ; un chemin s’engage à flanc de coteau en longeant d’anciens appentis écroulés. Sous les ronces et les toitures avachies, sommeille une collection d’engins agricoles qui retrace l’industrialisation de la paysannerie française. Des automobiles complètent avantageusement le décor exprimant l’aisance des maîtres du lieu. Vous l’avez compris, nous frisons l’œuvre totale, la ruine dans toute sa magnificence. Depuis l’arrêt des derniers travaux au début du XVIIIe, le site n’a pas subi de dommages, un usage agricole régulier a favorisé l’entretien de sa couverture, qui semble assez lointain aujourd’hui. Mansencome est un château dit gascon, élevé à la charnière du XIIIe et du XIVe en terre française, il contrôlait la vallée de la Baïse, s’opposant au Tauzia, accroché à l’autre versant, du côté des possessions anglaises. La similitude flagrante des deux constructions est patente, seule leur contemporanéité peut la justifier, quant à l’inspiration anglaise, si elle se démontre aisément, il faut admettre que les mêmes artisans oeuvraient pour les deux clans. Toujours stylées, les archères à croix pattées sont de la partie, essentiellement sur les deux tours, opposée en diagonale, sur le corps de logis au moins deux époques de remaniement : des baies à lancettes cohabitent avec de grandes ouvertures à meneaux sans décorum, l’appareil est en petit moellons bien ajustés. A l’examen lointain, au moins deux ouvertures murées appartiennent à l’époque gothique, la porte sur la tour Est et une petite fenêtre sur la face Ouest du bâtiment, cette dernière est identique aux lancettes de la façade principale. Le couronnement des murailles du corps d’habitation était-il muni d’un chemin de ronde ? Plusieurs portes ouvrant directement sur les murs tendent à le confirmer, face Est et Nord du « donjon », puis Ouest sur l’autre tour. Longtemps les Lasseran ont possédé le château, déjà cités au début du XIVe, ils vendent à en 1736 à Gaspard de Maniban. Illico des travaux sont entrepris qui cessent aussi rapidement, le marquis étant devenu impécunieux. Ainsi délaissé le château n’est plus habitable. Depuis Mansencome vous apercevrez Lagardère au sud et le Tauzia au nord. R.C.

 

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