Lagardère 2010 France (Gers)

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Les Maniban et les du Pin de la Forcade aimaient-ils les ruines ? Cités parmi les derniers possesseurs du château de Lagardère, ils contribuèrent largement à son abandon. A l’actif des Maniban, il faut évoquer sur une crête voisine Mansecome où des travaux entrepris sont abandonnés. Du côté des du Pin, c’est au Tauzia en intervisibilité de Mansencome, la famille possède la ruine pendant plus de deux siècles. La colline domine un vaste paysage immuable aux semblables croupes chevauchées par les conquérants anglais. La fondation, les comtes d’Armagnac mandatent l’abbé de Comdom pour édifier un ouvrage fortifié. Cette terre leur est confiée en 1270, la construction s’élève rapidement, mais aucune date ne la précise. En tout état, le château se conforme au type « Gascon », un gros logis sans cour cerné ici par trois tours. Différence notoire, la tour Sud, qui dépasse d’un étage le bâtiment, lui est résolument lié et devient habitable, ce qui n’est pas le cas dans les autres sites voisins. L’organisation interne reste conventionnelle, les deux premiers niveaux servent de stockage, voire d’abri, quand le dernier est réservé à l’habitation. Il dispose d’une cheminée, d’une latrine et de lancettes polylobées. A titre de dispositifs défensifs, nous retrouvons des belles archères à croix pattées, un crénelage ornait les tours, rien ne l’atteste sur le logis. Les deux petites tours, façon guette, flanquaient la partie Nord. En 1578 le bien échoit aux Lavardac, et reçoit ses premières transformations. La pacification de la région rend les fortifications obsolètes, des baies sont percées, ainsi qu’une nouvelle porte côté chapelle : l’entrée actuelle, et sur l’angle Sud-Est du donjon se greffe une échauguette. Les Maniban acquiert le château en 1630, il devient progressivement un bâtiment à usage agricole, le stockage est maintenu, une boulangerie avec un four s’installe au premier. Suivent deux propriétaires après l’extinction de la lignée des Maniban, dès la fin du XVIIIe les dégradations sont avérées : l’ancienne porte principale est murée, ainsi que plusieurs baies. Vers le milieu du XIXe, les Du Pin de la Forcade prennent possession d’une ruine, qu’ils conservent jusqu’au début du XXe. Il est actuellement la propriété d’une association réunissant des individus répondant au patronyme éponyme. Juchée sur sa côte, la petite forteresse se fait trapue, séduisante à l’approche par le dépouillement qui l’environne, la visite est brève, une solide grille défend l’entrée. Il t’appartient de faire le tour, en toute quiétude, le nez en l’air, la ruine ne l’est plus tout à fait. R.C.

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