Sainte Mère 2010 France (Gers)

Ste-mère-ruine-R.-Crozat-
Ste-mere

Un autre château, dit gascon, au nord de Lectoure. Sur une côte, le village anciennement fortifié domine un paysage doucement vallonné. Variété des cultures, débordantes elles enserrent quelques grosses fermes isolées, douceur qui évoque la Toscane sans les ifs et les cyprès. La maison forte de Sainte Mère pourrait être le modèle, sa construction attestée vers 1277, soit deux années avant le traité d’Amiens qui redonnait aux Anglais l’Agenais, devient antérieure aux autres constructions. Rare de rencontrer autant de ruines comportant de telles parentés, comme si tous ces châteaux avaient été bâtis pour le même promoteur. Des caractéristiques identiques : une hauteur de 14 m pour le logis correspondant à trois niveaux, une occupation au sol réduite de 7 par 20 m, deux tours opposées à chaque extrémité, la plus forte et plus haute culminait à 25 m. Standardisation des espaces intérieurs qui se répètent aussi dans leur attribution : au sol stockage des comestibles, domesticité et garnison à l’intermédiaire, puis l’espace noble mieux éclairé, sous la toiture, apparemment toute la structure intérieure était en bois. Drôle de modèle, à la fois austère résidence, piètre forteresse sans enceinte ni fossés, aux murailles à peine flanquées et pingres en archères.
L’édification de ces micro forteresses se répartit sur au moins 20 années, pour des personnalités diverses : clercs ou laïcs, Anglais et Armagnacs. Aujourd’hui, l’enveloppe formelle se maintient, âme robuste dépouillée de ses édicules en bois. Une personnalisation ultérieure a permis de révéler, enfin, l’ego de leurs propriétaires. Ainsi les façades se parent de baies ogivales, trilobées, à meneaux gothique et renaissance. La ruine de Sainte-Mère est enserrée dans une propriété privée, une belle demeure du XVIIIe jouxte la ruine, la visite n’est pas possible. Selon les commentaires, dans la tour, un escalier à vis desservait les étages, au niveau supérieur des aménagements certainement contemporains de la baie gothique du XVe attestaient d’un usage d’habitation : éviers, placards ou niches dans le mur et cheminée.
Sur le couronnement, aucune certitude à propos d’un chemin de ronde, ce faisant des trous de boulin ainsi que des corbeaux en partie haute auraient pu supporter un ouvrage en bois de type hourd. Particularité du bâtiment, il n’y a pas de trace de mur de refend à l’intérieur, un bel espace libre. L’histoire se résume à l’évêché de Lectoure qui en décide de la construction en 1277 et s’en trouve dessaisit à la révolution, il aurait subi un incendie au début du XVIIe. Il sert modérément de carrière au XVIIIe consécutivement au bon état de conservation. Le petit village de Sainte-Mère bénéficiait d’une enceinte défendue à chaque extrémité par une tour, dont celle du château à l’ouest et une tour porche accolée à l’église à l’est. R.C.

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