Pflixbourg 2011 France (Alsace)

plifxbourg-ruines-R.-Crozat

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Vraisemblablement le plus intéressant sur la route des 5 châteaux, évitez soigneusement le Hohlandsbourg, passez rapidement au Haut Eguisheim. De ce château, l’inattentif ne retiendrait qu’une énorme tour ronde visible à des lieues à la ronde. Tout l’intérêt se porte à ses pieds, le château est posé sur une éminence, un fossé taillé dans le rocher protégeait une haute muraille, toujours en place elle abritait au moins deux niveaux d’habitation. Hormis la tour régulièrement restaurée, l’ensemble est gagné par la végétation, toutefois le fossé reste praticable, laissant entrevoir une contrescarpe maçonnée, mais pas les jolies baies romanes du palais. Seulement visibles depuis l’intérieur, cette succession d’ouvertures date assurément du XIIIe, certaines conservent leur forme à deux lancettes, mais les colonnettes centrales ont disparu. Le niveau inférieur pouvait compter une cuisine, sûrement des salles de stockage éclairées par ouverture aux embrasures étroites. L’entrée est un paradoxe invitant à une pénétration cérémoniale dans la cour. Elle se pratique sur un large plan incliné entre deux élégants replis de muraille en signifiant un défilé. Décidément les angles en courbe sont à la mode (voir le logis du Wahlenbourg à 3 km). Au pied la tour, il existe, bien verrouillée, une grande citerne semi-enterrée. Le donjon rond, culminant à plus de 20 m avec un diamètre de 9, reflète la particularité du Pflixbourg. Ce concept architectural pourrait justifier l’information erronée du panneau indicateur datant le site du XVe. L’inspiration viendrait d’outre Rhin, de Thuringe plus exactement, où les tours maîtresses deviennent rondes suivant la mode orientaliste. Une forme rare en Alsace, plutôt habituée à la rigidité trapézoïdale des donjons romans, en revanche ses dispositifs de défense sont similaires, peu ou pas d’ouvertures et un accès à mi hauteur.
Sur ce même massif, les trois sites distants de quelques kilomètres reflètent assez bien le morcellement inhérent au féodalisme alsacien. Au Haut Eguisheim, les comtes en titre du lieu possèdent d’autres et nombreuses seigneuries, au Hohlandsbourg l’alliance se situe du côté Ribeaupierre, enfin le Pflixbourg, le plus récent, fondé par l’empereur Frédéric II illustre ce que certains nomment le renouveau des châteaux au XIIIe siècle. L’Alsace se partage selon trois influences : les Hohenstaufen, les Dabo Eguisheim, puis le parti de l’évêque de Strasbourg, chacun souhaitant contrôler chaque entrée de vallées vosgiennes ou des parcelles du territoire, toutes imbriquées les unes dans les autres. Rares sont les périodes de paix, d’importantes troupes peuvent être amener à séjourner à l’intérieur de grosses enceintes tel le Pflixbourg, le nouveau Guirbaden ou encore le Wangenburg. Des « châteaux casernes » depuis lesquels rayonnent des troupes de cavaliers. Etabli pour défendre la ville de Colmar vers 1210 et la passe de Munster vers la Lorraine, la forteresse demeure dans le giron de l’empereur. Un conflit de châtelains en 1446 tourne au vinaigre : les Hattstatt inféodés au fief, contre les Ribeaupierre nouveaux acquéreurs. Personne n’emporte le morceau qui brûle, il ne semble pas avoir été reconstruit. La première restauration daterait de 1869. R.C.

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