Beauregard 2011 France (jura)

beauregard-ruine-R.-Crozat
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Le site, à cheval sur une crête de la Côte de Heute, est une divine surprise. En remontant vers Lons depuis Clairvaux les Lacs sa silhouette se découpe à flanc de montagne au dessus de la forêt. Eloignée d’axes routiers, la situation actuelle ne reflète plus la position stratégique du XIIIe siècle. J’ai déjà glosé dans mes commentaires sur les châteaux du Jura sur cette ligne pénétrante, depuis la Suisse vers le duché de Bourgogne. Une ligne de crête hérissée de petits forts : Onoz, la Tour du Meix, Couterrez, à présent Beauregard et enfin Binans. Hormis, la tour du Meix qui surplombe le village, les quatre autres sont dissimulés en pleine forêt, à peine visibles, tous aussi peu accessibles. A Beauregard, la municipalité de Publy s’est fendue d’un panneau d’information planté à la croisée de deux chemins au milieu des bois. Paradoxalement, l’accès depuis Publy n’est pas fléché, pour y parvenir j’ai emprunté un chemin carrossable, l’ancienne voie qui longeait la ligne de crête et reliait la vallée de l’Ain à Lons le Saunier. La place jalonnait également une voie nord/sud vers Lyon. La quête du fort se mérite, depuis le site plusieurs chemins balisés s’éparpillent dans les sous-bois, en empruntant le sentier de crête tu finiras par tomber dessus, cela m’a demandé une bonne heure en procédant ainsi. Une première apparition fugitive du mur d’enceinte, puis en surplomb, perché sur une éminence rocheuse, le gros donjon. Il s’agit d’une tour d’habitation qui occupe toute la sommité, sa forme trapézoïdale épouse le rocher. Tout y est : une latrine, des meurtrières, des baies romanes nantis de coussièges, un passage aménagé dans l’épaisseur du mur, des cheminées et une tour de guet posée en encorbellement. Un fameux accessoire architectonique propulsé en avant comme une figure de proue. Si l’élément a du sens en tant que guette, sa construction soignée, ainsi que sa position dans l’axe de l’arête de l’éperon, valorisait surtout la morgue et le bon goût de son propriétaire. L’encorbellement en couronnes concentriques qui supporte la tourelle se poursuit également à l’intérieur. Sur le même axe diagonal, à l’opposé, un autre dispositif, cette fois triangulaire, pouvait peut-être supporter un autre édicule. Faire le tour de la butte est plutôt malaisé, d’autant que le flanc ouest est très escarpé, ce faisant la balade révèle des vestiges de murs d’enceinte. Au pied du rocher, sous la façade Est, il existait une basse-cour de 15 m sur 30, sa muraille est encore en place. La note d’information sur le panneau, mentionne une maison forte dont il ne reste aucune trace. Elle nous communique une brève histoire du site. Un établissement au Xe siècle, mandaté par la famille de Coligny, les ruines que nous contemplons attestent de remaniements ou ajouts jusqu’au XIVe. Lors du passage de Louis XI en 1479 le château a dû subir quelques assauts, il est définitivement démantelé puis détruit par les troupes de Louis XIV en 1668. Un jour la grosse échauguette tombera, il en est déjà tombé de beaux morceaux au XXe siècle, ainsi finissent les châteaux dans les bois. R.C.

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