Binans 2011 France (Jura)

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Dans le hameau de Binans les fermes sont posées sur le gazon, des allées de bitume serpentent, bordées de haies taillées au cordeau. Ce décor mignard repose sur un petit bout de plateau, un terminus écarté des voies de circulation. Qui soupçonne une forteresse sur ce pan rocheux qui émerge à peine de la vaste forêt ? Sur la crête, une double enceinte, les vestiges d’un grand fossé entièrement maçonné, deux grosses tours, les restes dégagés d’un escalier apparat. Une ruine abandonnée, soigneusement camouflée par un épais sous-bois. Acculé au bord de la falaise, le point de vue sur la petite vallée et ses alentours permettait certainement une intervisibilité avec le château de Beauregard à deux kilomètres. A contrario du nid d’aigle à la fameuse échauguette, Binans est un fort de garnison pouvant contenir dans l’enclos de sa première enceinte toute la population des villages voisins. En 1638, les habitants de Conliège s’y réfugient alors que Lons le Saunier subit un long siège. Ultime point défensif sur la fameuse ligne pénétrante vers le duché de Bourgogne depuis la Suisse ; accroché sur le flanc Est de la Côte de la Heute le château culmine à 630 m. Sans élément précis sur sa fondation, de ma connaissance des fortifications voisines et de leur similitude d’appareillage, je m’engagerais sur le XIIe. Difficile de discerner les étapes de la construction, la partie visible émergente, peut être la maison, qui ne possède pas de murs très épais, pourrait dater du XVe. Il y avait un donjon à l’origine, certainement dans la quart Sud-ouest de la partie Nord, la plus ancienne. La portion Sud, vraisemblablement postérieure, semble s’adapter à des conditions de vie plus résidentielle, c’est au milieu des gravats que se trouve l’escalier en colimaçon, dénotant le luxe par la qualité de la taille des pierres. A quelques mètres reste le trou béant d’une petite citerne. Dans les vestiges chancelants de l’ancienne maison forte, voir un bel arc surbaissé et les arrachements du manteau d’une cheminée. Le plan de fortification est remarquable, trois lignes successives de murs, dont le fossé carapaçonné, devaient dissuader d’éventuels assaillants. L’emprise au sol, considérable, le demeure encore aujourd’hui, en cheminant dans le sous bois surgissent les vestiges éparpillés. Sur le front exposé, deux tours massives en fer à cheval terminaient la muraille, très ruinées, leur forme et leur puissance en imposent toujours. Bien heureusement, la commune de Publy et certainement un club d’amateurs nous gratifient d’une borne accompagnée d’un panneau d’information, mais sans fléchage d’accès. Il se prend depuis la chapelle, via un chemin qui suit l’élévation à flanc de coteau. Contemporaine de Beauregard dans l’infortune du démantèlement et de la ruine, en 1668 la place tombe lors de l’incursion Franc Comtoise des armées de Louis XIV menées par Condé lors de la guerre de Dévolution contre les Pays-Bas. R. C

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