Marizy St Mard 2011 France (Aisne)

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Marizy Saint-Mard est à deux kilomètres de Marizy Sainte-Geneviève, entre la Ferté Millon et Neuilly Saint-Front, dans l’Aisne. A 115 m, sur une côte des bâtiments agricoles construits dans toute la raideur de l’insolent après-guerre s’alignent sur la monotonie d’un paysage labouré. Le vestige dépasse, laissant l’empreinte d’une occupation séculaire, elle ne surprend personne. Ceci n’est pas un château fort, mais le donjon d’une abbaye fortifiée. La construction de la tour, appartient plutôt à la fin du XIVe, au moins pour ce qu’il subsiste avec ces éléments décoratifs. L’influence des châteaux voisins : La Ferté Millon, Vez, Septmont se lit sur les figures ornementales des ouvertures. Au XVIIe, des bâtiments conventuels encadrent la cour. Rien n’a résisté au temps et aux dernières offensives de 1918, seule la façade Nord de la tour se maintient complète jusqu’à l’entablement, à l’est et au sud se devinent des portions, car le site n’est pas vraiment ouvert. La ferme, clôturée par des murs, laisse peu de recul. Aucune publication, hormis deux cartes postales suffisamment éloquentes pour retracer un état de ruine. La plus ancienne, antérieure à la première guerre mondiale apporte plusieurs détails sur la toiture et l’usage du bâtiment. Le remplissage des ouvertures se constate sur les deux autres façades Est et Ouest qui comportaient également de larges baies géminées. L’acte pourrait être postérieur à la Révolution qui instituât l’impôt lumière en taxant les ouvertures. En Angleterre, la baie géminée valait pour autant de trous générés par les colonnes et croisillons, heureusement pas en France où les fenêtres à meneaux le demeurent toujours. La tour ne semblait plus habitée mais cernée par des baraquements à vocation agricole. Le donjon émergeait d’une cour de ferme et portait encore une toiture à deux pans dans l’axe est-ouest. La tour polygonale arborait toujours son lanterneau surmonté d’un cône en toiture. La fraîcheur ne caractérisait déjà plus l’ensemble.
En septembre 18, oubliée la toiture et le lanterneau, un plan vaguement incliné au raz des faux mâchicoulis couvre l’édifice. Sous la façade Nord les constructions ont disparu, mal en point les bâtiments du XVIIe sont perforés par des trous d’obus. L’abandon plane sur des tas de gravas ou de pierres, la béance des fenêtres soufflées et des portes battantes s’accoutume mal du lustre des abbés. R.C

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