Andlau 2013 France (Alsace)

Il fait toujours bon repasser à Andlau, d’autant que le souvenir de ma première visite vers 1983 s’effaçait. Impressionnant par la taille et les dimensions depuis le fond du fossé, la haute muraille qui n’a pas souffert détient encore tout le secret de son intérieur. Quelquefois avant de traverser Barr, le bourg d’en bas, je me fendais d’une photo photogénique de l’élégante stature lorsque le soleil remonte des rangs de vignes. Cette fois le froid brumeux qui dure autant que l’hiver avec un peu d’automne et beaucoup de printemps, rend la pierre laiteuse. Depuis, le château est devenu une scène de l’art contemporain et se laisse entretenir par un descendant de ses illustres constructeurs. Depuis, j’ai également visité les maisons fortes à deux donjons opposés du Gers !

 Barr, charmant petit bourg de l’Alsace typique, niché dans le mille du vignoble, au pied des ballons, dominé par son château.
Une construction tardive dont des états font mention à partir du XIVe. A l’abri des vicissitudes temporelles, des bandits et des Suédois, l’ensemble parvient intact à la révolution. Vendu comme bien national à un rapace qui le dépèce, monnayant toiture et boiseries, rapide sera sa ruine. Je hais tous ces gars-là, marchands de biens d’hier et d’aujourd’hui. Henri-Paul Eydoux s’interrogeait sur la présence des deux donjons, alors qu’un seul suffisait amplement. La mégalomanie répond en principal et je partage son avis, d’ailleurs à quoi sert finalement un château fort, si ce n’est à asseoir le nom et la puissance d’un type doué pour exploiter ses voisins qui lui sont inféodés ? Lui-même vassal d’un évêque. Aujourd’hui, les Chinois se font construire des buildings de plus de 400 m de hauteur, au XIIe les bourgeois de San Gimignano se jalousaient avec des tours de 25 m qui surplombaient leurs palais.
Revenons à Andlau, où la présence de deux donjons pourrait s’expliquer par une scission du bien (assez fréquent en Alsace), thèse corroborée par l’édification du petit palais sur le flanc de la pointe Nord.
La visite du lieu réclame quelques détours en automobile (passez par la D854 et empruntez une route forestière jusqu’à la Hunterplatz, ne passez pas à Andlau), un gros quart d’heure de marche dans les bois suffit. Le monument apparaît soudain au dernier virage, le mur de la basse-cour est très ruiné, en revanche le bel appareil des courtines est intact, il a bénéficié d’un ravalement vers 1930. Nous entrons dans l’enceinte par une porte en ogive du XVIe, la cour est sombre, les murs sont percés de hautes archères. Sur les deux niveaux supérieurs l’alignement régulier des doubles fenêtres ogivales polylobées avec leurs colonnettes, surprend l’amateur d’ouvrages fortifiés. S’agit-il d’un aménagement du XVIe, la mode n’est plus à l’arc brisé ? Il faut imaginer que tout était encore couvert au XVIIIe. A l’intérieur, l’envers du décor ponctué de toutes ses niches et arrachements de cheminées répond maladroitement à la pureté de la grande façade extérieure, sans bossage. Un coup d’œil circulaire, 11 m sur 34, vite vu, la visite est contingentée par un parfait état d’entretien, les donjons demeurent inaccessibles, une habitude de la région. A peine sorti des sous-bois, j’aperçois déjà un peu plus bas la tour du Spesbourg. R.C

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