Grand Geroldseck 2013 France (Alsace)


Entre restauration, abandon, fouilles perpétuelles, la permanence des cinq siècles de ruine est devenu un état statutaire pour ce vaste domaine. L’ultime reddition date de 1471 ou de 1486, et les plus anciennes constructions appartiennent au tout début du XIIe, vers 1120. A peine quatre siècles d’occupation pour déjà 150 années de fouilles et de colmatage. Les premières officielles, débutent en 1861 avec la mise à jour des caves du palais, à cette époque elles se trouvent encore sous leurs voûtes, mais fragilisées elles sont rapidement démolies. Surdimensionné, tout l’est, un plateau de 110 mètres sur 90, le donjon de 10 x 10 pour 22 de hauteur et 3 mètres d’épaisseur, la résidence seigneuriale un bâtiment de 30 mètres sur 10, il fallait au moins cela pour abriter plusieurs familles. L’histoire se mêle à celle de l’abbaye de Marmoutier dont les Geroldseck en sont les avoués, une charge juteuse qu’ils ne lâcheront qu’avec la conclusion de leur dynastie à la fin du XIVe. Depuis le début du XIIIe, le site se partage entre les membres de la famille et l’évêque de Metz, ou plus tard avec des grands seigneurs régionaux. Une véritable colonie habite le plateau. Le morcellement, voire l’émiettement ne cesse, jusqu’aux événements qui mènent au siège de 1471 ou 86, quand une bande de pillards aristocrates résidents se fait déloger par le duc de Lorraine, l’évêque de Strasbourg et l’électeur Palatin, le château brûle. La descente du donjon est plus tardive, frappé par la foudre, deux murs s’effondrent en 1718. La place ne semble pas avoir subi de remaniements après l’élévation du palais vers 1220. La majeure partie des constructions résidentielles et la muraille datent de la seconde moitié du XIIe, le donjon appartient aux premières années du XIIIe siècle. Aucune trace d’adaptation à l’artillerie, le mauvais état avéré, lié à l’absence d’entretien est patent dès 1460. Actuellement, l’état des ruines ménage tous les publics, de l’endimanché au savant en passant par le randonneur en famille. Le plan s’étendant sur près d’un hectare, des zones de friches subsistent notamment au sud et sud-ouest. La partie Nord-est qui cerne le donjon, largement fouillée et restaurée, convient à la vision romantique du grand public. La masse de la puissante tour dans l’axe du col, plantée juste au-dessus de l’entrée devait impressionner plus d’un frêle pèlerin. En complément de votre visite du grand Geroldseck, filez vers le « Petit » un petit quart d’heure suffit au randonneur. Les plus vigoureux s’enverront le Haut Barr sur le ballon d’en face, la vallée est étroite.
La ruine s’en sort assez bien face au constat de son comportement aujourd’hui, hélas certains aspects pratiques pour le grand public, bien trop restaurés, dénaturent et démythifient le bucolique. RC

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