Extrait (inédit) du livre Châteaux oubliés et cités disparues


      Evciler © R. Crozat

Evciler (mai 2014) Cilicie

En recherchant Evciler, nous sommes d’abord tombés sur Hisar. Ce dernier se situe aujourd’hui sur un axe de circulation important, alors que son voisin se trouve retiré au fond de voies secondaires bien après le centre de Kizilbag.
Chaque dimanche les plaisanciers affluent, le site les attire surtout pour son plan d’eau accessoirement surplombé par la colline et son château, au demeurant peu fréquenté. Reconnaissons que l’escalade de la butte à 1030 m exige quelques efforts : des sauts de rocher, des talus instables, un vrai maquis d’épineux, aucun chemin, le plus simple pouvant être un accès par la face Nord-ouest. De loin plutôt flatteuse, l’allure, devient plus rustique à l’intérieur ainsi qu’aux abords immédiats. Une végétation luxuriante colonise tout l’espace.
Œuvre principale, une tour donjon à trois niveaux, dont le premier était couvert d’une voûte, la construction en revient aux Byzantins. L’appareil, constitué de blocs de réemploi et d’autres grossièrement taillés, ne donne pas dans le soigné mais plutôt dans l’efficace. La lecture des faces Est et Ouest du bâtiment ne manque pas d’attrait, tout d’abord avec la dimension des moellons qui diminue progressivement vers le plus haut, ensuite à la hauteur du second niveau, avant les ouvertures, apparaît le recyclage : sur un rang une alternance de pierres taillées à bossages, puis au-dessus plusieurs colonnes en boutisse. Enfin nous le croyions, il s’agit plutôt de socles de colonne. Pourquoi les placer aussi haut alors que la construction semble uniforme dans son élévation ? Peut-être pour la dissuasion, en laissant imaginer l’effet d’une fortification renforcée. Au pied de la tour, sous la face Est une poterne ouvre sur un surplomb, certainement l’emplacement de la chapelle, une amorce d’abside se distingue parmi les pierres et la végétation. L’emplacement de la porte principale existe toujours, elle s’opposait au donjon en traversant la cour. Un vaste enclos assez plan, très encombré de plantes opulentes. 60 mètres sur 40, la traversée s’avère aventureuse, il vaut mieux longer les murs. Aucune citation, histoire inconnue sans références, comment justifier cette grande cour : une cité refuge avec un petit corps de garnison, ou simplement pour nantir tout l’espace disponible à la limite des abrupts ? Les Arméniens l’ont certainement utilisé comme un bouclier pour leurs citadelles, Paperon se trouve à seulement quelques kilomètres.
RC

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