Wangenbourg 2013 France (Alsace)


Wangenbourg Engenthal prend des airs de station d’altitude Allemande ou Autrichienne, tout y est propre net, tout va bien, jusqu’au grand château. Entretenu, bordé d’espaces agrémentés pour des pique-niques, depuis le parking un bon chemin mène au rocher en moins de cinq minutes. Isolé, il domine le col et surplombe une vallée, noyé dans une grande forêt au travers de laquelle surgit la masse violette du grand donjon, 24 m plus 10 autres pour le gros bloc solitaire d’où il naît. Vous l’aurez compris, la visite de ce château me permet d’augmenter mon inventaire d’un nouvel article. La suite conviendra mieux à des familles endimanchées, notamment pour la marche d’approche accessible aux poussettes et aux personnes âgées. Il en faut pour tous, les châteaux alsaciens visitables sans effort sont rares. Evidemment tout est bétonné ! Mais le donjon ouvert à la base permet un accès à la plateforme, domination exemplaire sur des cimes tendres et fumeuses du printemps, au loin les ballons vosgiens. Je vous recommande également une visite en automne, la forêt comme vous l’imaginez dans un dépliant touristique pour le Maine ou le New Hampshire, choisissez le mardi matin pour la solitude.
L’histoire se répète avec la construction au début XIVe du donjon et de l’enceinte sur un rocher dont elle épouse le contour. Cédé, repris partitionné, restauré toujours par les Wangen, occupé par les Suédois pendant la Guerre de Trente ans, démantelé par les français lors de sa reprise. La ruine, un stock de pierres bien taillées aussi proche d’un village attise toujours la convoitise… Les ruines et leurs abords profitent d’un environnement paysager parfaitement dégagé, il faut comprendre que les blocs ne se sont pas envolés. A l’origine, le château sert de point défensif en accueillant une troupe de soldats à la charge des Dicka, administrateurs de l’abbaye d’Andlau et résidant au Spesbourg. Ces derniers délèguent la seigneurie aux Wangen, qui à l’extinction de la dynastie Dicka s’approprient le bien, impécunieux à la fin du XVe, le fort échoie à l’évêque de Strasbourg, mais les Wangen demeurent. Deux frères habitent le rocher, ils créent et transforment des logis dans le style renaissance, nouvel épisode houleux entre l’évêque et les frangins dont la succession s’éteint avec la Guerre de Trente ans.
La similitude avec son aîné au Spesbourg ne se discute pas, l’implantation et la forme polygonale de l’enceinte le rappelle également. Vous aurez remarqué la différence d’appareil entre la partie haute lisse et le bossage des premiers rangs de pierres. Typique des constructions du XIIIe, cette taille offrait soit disant une meilleure résistance aux projectiles, à noter que la mode s’applique surtout en Alsace et en Allemagne. Elevé en deux temps au siècle suivant, ce mur a bénéficié de l’influence vintage dans sa première phase d’élévation, pour la seconde, moins portée au décorum et soucieuse de gagner rapidement de la hauteur les moyens s’en sont ressentis… La promenade (j’emploie ce terme à dessein) dans l’enceinte prolonge ou complète le parcours effectué depuis le parking. Ennuyeux, le regard glisse sur les courtines restantes et les vestiges de logis. Quelques beaux détails subsistent, passablement ravalés, une belle cheminée entière tellement propre qu’elle semble sortir du show room de Richard le Dropf, ou d’autres arcades de portes en ogive. Une telle restauration obère toute projection du site dans une vie antérieure. Heureusement, la masse du donjon campé sur son rocher rétablit un équilibre qu’il suffit de faire basculer du bon côté, si vous descendez vers la forêt plutôt que vers le château. R.C.

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