Husenbourg 2012 France (Alsace)

Parler de ruines serait prétentieux, néanmoins un amateur averti détectera aisément quelques fondements avec leurs bribes de murs. Le promeneur oublie souvent qu’il foule un site chargé d’histoire. Combien se sont battus pour défendre ce bout de schiste qui s’avance au dessus de la vallée ? Le panorama depuis l’extrême pointe du massif paraît vertigineux pourtant il ne culmine qu’à 670m. Pour ce jour de janvier le vent en ramène un peu plus, c’est une véritable désolation que tous ces arbres régulièrement torturés dans ce couloir qui mène au Markstein. En bas, le torrent du Seebach couvre tous les bruits, même celui des caisses qui glissent sur le goudron détrempé. L’air est vif, c’est à dire froid, humide à souhait, de la brume remonte. Heureusement les lichens et les mousses rivalisent de saturations verdâtres, presque psychédéliques. Une ambiance dédiée à tous ces soldats, vaguement guerriers, qui durent endurer quelques hivers dans des constructions approximatives péniblement réchauffées par un pauvre brasero. Depuis le treizième siècle, le poste de garnison ferme cet accès à la vallée de Guebwiller et surtout celui de l’abbaye de Murbach. L’intention est à l’actif de l’abbé, aux alentours de 1300, lorsqu’il mandate la famille d’Hus pour l’édification du fort. L’histoire de ce monticule échappe aux érudits, au XVIIIe il est avéré en ruine. S’agissant d’un simple point d’appui, il faut parier sur un abandon favorisé par une construction en blocs irréguliers de schiste, un assemblage délicat qui, sans mortier, accélère le phénomène de délabrement. Husenbourg appartient à un petit groupe de fortifications autour de l’abbaye, dont le Hugstein au dessus de Guebwiller et le Hohenrupf également implanté en montagne. Le site est utilisé lors des combats entre 1914 et 18, la vallée suivante est celle de l’Hartsmanvillerkopf… Particularité de l’endroit, les guides et le panneau annoncent 3 ou 4 fossés pour isoler l’éperon du reste de la crête. J’en ai compté trois plus un quatrième dans l’enceinte. La mise en place de plusieurs barrières naturelles est assez rare en Alsace, d’autant plus en zone accidentée. L’implantation éloignée des deux premiers fossés à plus de cent, voire deux cent mètres du troisième m’inclinerait à penser pour des défenses creusées lors des derniers événements, plutôt qu’au moyen-âge. Considérant les moyens militaires du début du quatorzième, l’excavation au pied du promontoire suffit amplement. Le donjon devait surplomber cette face exposée, suivie par l’enfilade des logis. Sur le site, des fouilles ou/et des travaux d’embellissement montrent des structures d’habitat semi enterrées imagées par des empilements de blocs. Le promontoire est très accidenté, il se trouve deux éminences séparées par un fossé naturel élargi en certains endroits. En avancée, sur le flanc montagneux, cette partie ne supportait pas d’ouvrages construits en élévation. A la constatation des restes abandonnés, le principal est concentré sur la première butte.
Pour se rendre sur l’éperon, il faut emprunter depuis Lautenbachzell une route qui remonte vers le Markstein. Le chemin d’accès est situé avant les maisons forestières sur la droite, stationner au pont qui enjambe le torrent. La marche prend 20 à 30 minutes, dans un beau décor naturel. R.C.

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