Vaite Champlive 2012 france (Jura)

C’est où ? Aux confins d’un pays qui domine une courbe molle du Doubs, en amont de Besançon. Une vaste ruine occupe toute une éminence, tout est en sous-bois, les murs ne parviennent plus à dépasser les cimes et les plus courts sont avalés par les lierres. Sur la ligne de crête sa colline émerge un peu mais rien ne suppose une fortification, l’accès est au bout du village de Champlive, il suffit de se diriger vers le plus haut, sans emprunter la D30 dont le tunnel passe sous le château. L’histoire connue est très succincte, le destin du château se plie aux vicissitudes du rattachement de la Franche-Comté au royaume. Etablissement au XIIIe, plutôt vers la fin, conséquence de l’instabilité de ces temps qui voient passer la province de l’Allemagne vers la France lorsque le duc de Bourgogne rend hommage à Philippe le Bel, mais sans l’accord des barons locaux traînant des pieds. L’épisode Louis XI offre à toutes les villes et à tous les châteaux l’occasion de se moderniser… tout est rasé en 1480, Vaite ne fait pas d’économies, il est reconstruit. Après une période faste sous la coupe du Saint Empire survient un nouvel épisode de razzia pour les campagnes, en 1595 Henri IV se bat contre l’Espagne en Franche-Comté, si les villes résistent leurs alentours morflent, aucune source pour ici. Dernier acte sanglant, la guerre de Trente ans ruine tout ce qui avait été épargné ou reconstruit depuis le passage de Louis ou d’Henri. Vaite semble échapper à tous ces sévices, entretenu par les Lallemand jusqu’à la Révolution, il est finalement rasé en 1793 par ordre du Conseil Général craignant qu’il ne devienne un nid de résistance, voire de repaire de brigands. Voici ce qu’il est couramment dit.
Pour une ruine aussi récente, il faut reconnaître que la nature s’applique farouchement à reconquérir sa place. Hormis le rempart Est et une belle portion de tour, les vestiges sont chiches. Il subsiste également un réduit, poste de tir, sur le côté de la falaise qui surplombe le Doubs. Une salle voûtée, des blocs d’enrochements sont encore visibles sur la vaste étendue forestière, sans attribution possible, à cet égard la visite hivernale procurerait une bien meilleure vision panoramique. Il semble qu’il y ait eu au moins deux rangs de fortification, le mur d’enceinte visible domine un boulevard bordé par une seconde protubérance, mur ou levée de terre, cette disposition se retrouve à Beauregard près de Lons le Saunier. Sur la tour, l’ouverture démesurée pratiquée dans le mur du front d’attaque intrigue, aucune pierre d’encadrement ne subsistant il faut imaginer l’allure de la baie, de l’archère ou de la canonnière. L’appareil de petits blocs calcaire bien assemblés rappelle celui d’autres châteaux (Onoz, Marcenay, Beauregard…) régionaux, à propos desquels j’ai déjà écrit. Devant la porte principale, l’ancien chemin empierré affleure encore, témoin des passages. R.C.

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