Bernstein 2005 France (Alsace)

Le Bernstein est parfait, une belle implantation, une agréable restauration, une bonne position dominante ceinte d’abrupts. Il domine Dambach, véritable petite citée viticole aux maisonnettes pimpantes, depuis le parking de la Schulwaldplatz, un petit effort pour se rendre jusqu’au site, puis un ultime pour parvenir au sommet du donjon. La vue sur la plaine d’Alsace avec la forêt vosgienne en cape dresse un panorama de carte postale. Nous rentrons dans l’histoire souvent avec les mêmes intrigues et les mêmes protagonistes lorsqu’il s’agit du Moyen-âge alsacien. Difficile à l’évocation de la vie d’un site fortifié d’échapper à la fameuse trilogie : les familles, l’évêque et l’empereur… tour à tour ou simultanément ! Le Bernstein échappe à la partition, au XIIe siècle le rocher appartient au Dabo-Eguisheim qui bâtissent et reconstruisent jusqu’en 1225. Au décès de la dernière héritière de la lignée, la pagaille enrôle tous les prétendants, l’évêque de Strasbourg profite de la situation raflant la mise au terme de 10 longues années de crise et de ruines fumantes. Avec la bénédiction de l’empereur, vers 1236, vient une troisième reconstruction, l’originale datait du début de l’an mil ! Le réveil survient vers 1421 lorsqu’il est attaqué par des soldats strasbourgeois financés par les bourgeois de Dambach. Les suédois passent en 1632 dans un édifice dépenaillé ouvert aux vents, le pillage se poursuivra en atteignant son paroxysme durant la Révolution. Aujourd’hui, les vestiges en imposent toujours, le château offre une vision idéale d’une forteresse de montagne, la restauration des années 80/90 remplit son contrat. Un arbre a trôné pendant tout le XIXe siècle sur le donjon, figure de proue face au front d’attaque, tout le château se profile derrière lui, sans aucune aspérité de tour ou de courtine, il adopte toute la forme de son pog d’ancrage. En suivant l’avis des experts, il s’agit d’un bel exemple défensif qui rassemble toute la modernité du XIIIe, fort heureusement pour vous lecteur, je m’abstiens d’énumérer tout le vocabulaire idoine. Le château haut est bordé d’escarpements sur trois côtés, le palais montre un appareil très soigné percé de belles ouvertures romanes. La partie basse accueillait les vassaux ou les fonctionnels protégés par une enceinte, un puits se trouvait à l’extérieur défendu par un bastion. Depuis leur rocher, perchés sur les remparts, les défenseurs couvraient d’un jet, au-delà de cette enceinte. Le bon peuple était à l’abri… Enfin, une particularité qui vaut d’être signalée, la disposition rare et judicieuse d’une citerne verticale entre le donjon et le palais. Mon article est à l’unisson du château, ennuyeux parce que trop restauré, convenu grâce à sa théâtralisation et digestif pour sa promenade dominicale. R.C.

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