Ramstein 2013 France (Alsace)

A Baerenthal dans les Vosges du nord en Lorraine, le château vient de profiter d’une vaste campagne de préservation de 190 K€, financée par l’Etat, le département de la Moselle, la Région et l’ONF. Les travaux se sont étendus de 2008 à 2011, l’intervention visait à régler le sort de colonies de chauve-souris installées dans deux galeries creusées aux pieds du pain de grès en 1936, concomitamment à la Ligne Maginot. A présent tout le monde est préservé, les bestioles à l’abri derrière des grilles, les visiteurs derrière des dizaines de mètres de garde-corps et bien sûr le château. Avec cette restauration nous entrons dans un nouveau genre d’intervention dont les objectifs principaux de sécurisation prédominent, la volonté de modernité est patente dans le design des garde-corps en métal et une signalétique suffisamment discrète. Cette dernière, à peine démonstrative, informe sans reconstitution outrancière, offrant au spectateur un petit travail d’interprétation, voire de compréhension, impliquant un dialogue. Les superstructures métalliques ne prêchent pas pour la simplicité, au risque certain de se démoder rapidement. L’étaiement des salles par des structures façon « Métro », trop présentes, ruine toute la perspective. S’il faut en passer par là pour se promener sur le site… Actuellement, les trois voisins du Ramstein sont fermés, parce que leur visite est jugée dangereuse pour le public, nous entrevoyons-là le spectre ruineux du devoir de précaution.

L’abandon est très ancien, en 1335, le poste servait de repaire pour les derniers Ramstein, suffisamment fauchés pour devenir des pillards, un jour l’évêque de Strasbourg est monté à 292 mètres, a puni puis a démantelé, le château ne sera jamais réhabilité. Pourtant, lors des deux siècles suivants la seigneurie change de mains à quatre reprises. La fondation, la première trace datent du XIIIe siècle, sous l’emprise des Windstein inféodés à l’empereur, ils possèdent déjà leur propre fort à quelques kilomètres plus à l’est.
Le château occupe un long pain de grès de 270 m qui domine la vallée du Zinselbach, une position stratégique à la limite des évêchés de Metz et Strasbourg, sur la route de Bouxwiller. La lignée des Ramstein apparaît à la fin du XIIIe (Henri de Ramstein cité en 1294), en 1319 ils doivent partager le site avec les Fleckenstein, puis à peine dix années plus tard avec les Dorschweiller, mauvaise pente qu’ils ne redressent pas jusqu’au démantèlement en 35. Une histoire courte d’un siècle. Les vestiges sont chiches, hormis le pan de mur de l’ancien logis orné d’une petite lancette, ils sont à peine discernables sur la face Sud-ouest. L’escalier principal taillé dans le flanc Nord du rocher mène à une première salle troglodytique, premier espace de garde avant de monter sur la plate-forme, les niveaux se multiplient avec une seconde salle plus importante. La construction utilise au mieux la morphologie du rocher dont la largeur ne dépasse pas 6 m, un parcours chaotique rythmé par les systèmes défensifs assez rustiques avec des boisages amovibles dont celui des portes de l’escalier Sud. A présent la vue : le dégagement des terrasses offre un beau panorama sur la vallée et le village de Baerenthal, le calme passe par dessus les cimes, à proximité se trouve l’un des deux restaurants triplement étoilé de la région. R.C.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :