Hugstein 2012 France (Alsace)

Le château surplombe le bourg de Buhl, facile d’accès, il porte tous les inconvénients d’un site de ville. Allègrement pillé, mais régulièrement restauré, parfaitement entretenu mais très fréquenté par la jeunesse dorée. La visite ne laissera pas un impérissable souvenir, essentiellement pour les raisons pré citées, pourtant le site recèle plusieurs particularités. La porte renaissance du XVe ornée d’une frise de bandes lombardes, un gros donjon circulaire déshabillé de son parement, ainsi que les angles de sa muraille arrondis. Cette dernière disposition se retrouve également sur deux autres sites des Vosges du sud, le Pflixbourg et le Wahlenbourg à Eguisheim.

Première citation vérifiée en 1227, Hugo de Rothenbourg, abbé de l’abbaye de Murbach, reçoit pour la construction l’aval de son suzerain Frédéric II de Hohenstaufen. Ils avaient sympathisé en Palestine. A 389 m, au dessus de Buhl, la position contrôle Guebwiller, la voie de l’abbaye de Murbach et la passe de Florival. Le château devient la résidence des abbés avec une succession de plusieurs ecclésiastiques à la tête du domaine dont Barthélémy d’Andlau, personnage influent sous le règne duquel seraient érigés la porte et deux tours, aux alentours de 1460. Survient une nouvelle restauration au début du XVIe, rapidement ruinée par une querelle de chapelle, Rodolphe de Stoer abbé en titre emporte la mise. Frappé par la foudre en 1598, il sert encore de prison, la guerre de Trente Ans lui porte le coup de grâce. Ensuite vient le temps du déshabillage et du pillage, le vieux donjon perd son parement de pierres à bossage du début du XIIIe, le logis du XVe qui s’élevait sur au moins deux niveaux disparaît, une partie de la muraille avec. Les vestiges sont encore significatifs, en dépit ou grâce aux restaurations entamées dès le dernier tiers du XIXe. Depuis le fossé Nord-ouest, côté montagne, le fort montre un front massif, sans ouverture, avec le gros donjon légèrement saillant. Les différentes campagnes de construction sont représentées, entre l’appareil à bossage du XIIIe entièrement disparu à l’exception de trois blocs, et le plus tardif empilement grossier de pierres de schiste pour les courtines. Le côté Nord est le plus attractif avec sa petite porte fortifiée, que d’aucuns affubleraient d’un pont-levis, or la façade ne porte aucune trace de mécanisme. Si la gravure du XVIIIe qui traite de cet angle est correcte, la tour ne semble pas placée au bord du fossé, le château est posé sur une terrasse talutée par un haut mur. Passé le portail, une première basse-cour longe l’enceinte, pour accéder au niveau de la haute cour, je n’ai pas trouvé la porte, pas plus évident sur les plans. Aujourd’hui, l’accès se fait en passant par la brèche créée par l’effondrement de l’angle Ouest. Les différents remaniements ne facilitent pas l’interprétation. R.C.

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