ASIRLIK 2016 Turquie (Cilicie)

Extrait de “Châteaux oubliés et cités disparues – Sur les routes de l’Orient / T2“
Tous les châteaux se ressemblent, des îles anglo-saxonnes jusqu’au bout du bout de l’Anatolie. Une part de verdure, dans une moyenne montagne légèrement vallonnée, des pierres sombres et veinées couvertes de lichen, beaucoup de vent, la ruine aurait l’allure d’un manoir écossais.
Posées sur leur colline, les ruines dominent la piste installée au fond de la vallée, il faut un bon quart d’heure de marche pour remonter tranquillement la crête et atteindre l’enceinte. Le petit fort défendait l’accès par le sud de l’oasis de Mustafabeyli, actuellement cinq kilomètres le séparent de la dernière agglomération Yahyali. La place pointait à la jonction de plusieurs routes ; à vol d’oiseau vers le nord-est les sépultures du plateau d’Akbas ne sont qu’à deux kilomètres, au sud-ouest s’ouvre une voie que gardait une autre fortification, Gerzile. Quant à l’axe principal traversant le massif, juste au-dessous, il se poursuit vers le sud-est pour relier le val de Mansurlu ; avec de la patience et de la poigne, il faudra franchir plusieurs vallées, bercé par de longues heures de mauvaises routes, quand par-dessus les montagnes à peine trente kilomètres les distancent. Deux journées de marche devaient suffire à cette traversée du Taurus vers l’Anatolie, elle ouvrait les portes vers Césarée (Kayseri).
L’édifice forme un gros parallélogramme posé au sommet d’une modeste éminence. L’ouvrage comptait au moins deux niveaux sous une nef en berceau, plus une terrasse, le modèle de la tour maîtresse. L’appareil, constitué d’un jeu de moyens et petits blocs bien équarris, montre un travail soigné avec des alignements remarquables ; selon les rangs les dimensions varient ainsi que les assises : à plat ou sur chant.
Aucun signe ne me permet de dater ou d’attribuer une paternité à l’édifice. La construction soignée assurera encore plusieurs siècles de longévité à la ruine en dépit de la disparition de toute la façade Nord. Cette élévation qui s’ouvrait sur une basse-cour devait être moins épaisse avec certainement plus d’ouvertures. Les fronts Sud et Ouest, plus exposés, par conséquent mieux construits, auront mieux résisté. Un appendice rectangulaire en saillie flanquait l’angle Sud-est, il domine le passage en contrebas, mais sa hauteur n’est pas évaluable ; en dessous pris dans le mur se trouvait un puits avec sa béance bien maçonnée.
L’accès par la montagne, plus vulnérable, était protégé par une muraille imposante dotée d’un cheminement sur le couronnement ; elle file dans la prolongation de la face Ouest. Cette dernière édification adopte, en un peu moins soigné, le mode opératoire de la tour, pourtant les deux ouvrages ne sont pas chaînés ; longue d’une trentaine de mètres, l’extrémité s’infléchit dans un arrondi vers l’est. Peu de vestiges au sol permettent d’affirmer si cet ouvrage se prolongeait en formant une cour fermée. Un peu plus abrupt, le versant Est pouvait éventuellement se passer d’un rempart. Peu éloignée des fermes juste en dessous, la fortification a sans doute servi de carrière. R.C.

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