Belgique

 

Bouillon 2005 Belgique (Ardennes)

Château de Bouillon

Château de Bouillon

Là-haut dans l’Eifel en Belgique. Allez à Monthermé et suivez la vallée de la Semois. 35 km de pur bonheur pour les amateurs de voitures rapides, de forêts sombres, de routes en lacets, de verts intenses, de rivière qui serpente, d’auberges animées, de villages de montagne, de graves maisons de schiste, de chevaux ardennais, de points de vues avec des sangliers. Bohan, Alle, Membre, Vresse, Corbion, Rochehaut, patelins inconnus de la plupart, ceux qui connaissent n’oublient jamais, tant mieux pour eux. Les Ardennes, terres oubliées dont personne ne parle, quand toutes les villes se restaurent Charleville s’engourdit, la place ducale est celle de mon passé : les mêmes inscriptions sur les façades, la pierre jaune de Dom le Ménil vire au potiron. Pimpante Bouillon accueille chaque week end des hordes de touristes indigènes, belges le matin, français en matinée. Dans une boucle de la Semois, le vieux village à ses pieds, la forteresse s’étale au long d’une barre rocheuse. Segmentée en trois parties par des entailles naturelles, deux ponts relient les constructions.
Fameux gouverneur éphémère de Jérusalem en 1099, Godefroy avait hypothéqué ses biens afin de financer sa croisade. De cette époque, il ne reste pas de superstructures apparentes aujourd’hui.
Le lieu est cité dès l’époque Gallo Romaine, démolitions et reconstructions alternent, un donjon et même un beau logis seigneurial renaissance s’effacèrent au profit de fortifications vaubanesques… ainsi jusqu’au XIXe, avant de retourner dans le giron des Bataves, après Waterloo.
A l’intérieur c’est un labyrinthe, descendre puis remonter, passer d’une salle troglodytique moyenâgeuse à des bastions adaptés aux armes à feu, il s’est passé cinq siècles. Pour le visiteur, tout le bestiaire touristique est mis en oeuvre, oubliettes, salle des tortures, mannequins de cire derrière les portes, musique médiévale, et bien dans le move, une exposition sur la fauconnerie avec de vrais rapaces pas féroces. Cinq fois, pas moins, j’ai visité le château, pas de changement durant ces 30 dernières années, le charme est à l’extérieur : le pont, les anciens jardins au bord de la Semois. Bouillon est un site qui présente une belle continuité dans l’aménagement défensif de l’an mil au XIXe, l’intérêt stratégique et l’occupation permanente du lieu le justifient. Sous un soleil chaud et oranger d’automne asseyez vous à une terrasse pour siroter une bière, sous la pluie glaciale avec une brume plombée par de gros nuages bas courez chez Nicole pour manger un civet de marcassin. R.C.

Fagnolles 1992 Belgique (Ardennes)

château de Fagnolles

La contrée n’est pas riche en ruines, l’âpreté et la pauvreté des Ardennes n’ont pas favorisé les érections. Peu de petits chefaillons, pas une terre de conquête, les Anglais n’y ont pas mis les pieds et ne sont pas près de les poser, le climat délétère leur rappelle un peu trop le leur. Les Allemands y passèrent trois fois rapidement avec tout le succès escompté, mais ne s’incrustèrent pas. Sans mes origines familiales, je n’aurais peut-être pas autant de passion pour ces terres honnies par beaucoup. A Pâques, toute la famille se réunissait à Monthermé, le gigot haricot constituant l’ossature du déjeuner, le café au gâteau mollet celle de l’aprem. Il fallait s’échapper. Dans ma fuite j’emmenais souvent l’un de mes frères. Direction Givet, à Vireux prendre vers Couvin, premier arrêt à Dourbes où deux pans et un reste de tour surplombent une fermette au bord du Viroin, la ruine propose une belle vue sur le village.
Fagnolles est dans une plaine fangeuse, le château est situé à l’écart, au bord d’un ru qui alimente ses douves. Le plan est un classique quadrilatère avec ses tours d’angle et un châtelet d’entrée. Il aurait subi pas mal de dommages en 1554 lors des guerres opposant Charles Quint à Henri II. Sa construction s’étale du XIIe au XVe. A la fin du XXe Luc Lowagie son propriétaire entreprend sa reconstruction, et là tout se gâte, surtout pour les conservateurs amis de la pierre brossée.
« Qu’est ce que c’est ce que ce bricolage ? » fut ma première remarque en posant mon circulaire regard sur l’ensemble de la ruine. Du béton partout, dans les courtines, pour les tours, dans les infrastructures des logis, en faisant le tour je m’aperçois que toutes les parties effondrées sont progressivement reconstruites en béton banché.
Jovial et rubicond, un type, l’œil amusé par ma mine déconfite s’approche de nous : « ça vous plait ? » Une Gueuse Lambic derrière les oreilles, j’écoute ce châtelain m’expliquer qu’il ne fait que perpétuer la tradition de maintien en état du bâtiment, mais avec les matériaux d’aujourd’hui. Logique séduisante, tout à fait recevable, qui profite plus à la reconstitution qu’à une nouvelle architecture, évidemment mystère et charme du moyen âge se sont envolés. Rassurez-vous touristes moyens ; Fagnolles n’est pas un bunker, plutôt une curiosité pour amateur averti. Il paraît que les fonctionnaires ennuient Luc qui fait appel aux audacieux pour le soutenir dans sa restauration. R.C.
Luc Lowagie, château de Fagnolles BE 5600 Belgique
00 32 60 311 304 gsm 00 32 497 53 14 81.

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