Crimée Ukraine

 

Sudak 1997 Crimée

Publié par ruine sur 1 novembre 2007

 

Sudak Crimée

A 109 km de Simferopol, capitale de la Crimée actuelle, à l’extrême Est de la presqu’île, Sudak ressemble à une ville balnéaire moyenâgeuse. La puissante forteresse génoise qui surplombe la ville et son anse de sable fin surpeuplée de hordes de pauvres vacanciers russes mal fagotés, le confirment. Déambulant dans les rues poussiéreuses, ils traînent leurs mômes fatigués d’une journée de plage sous un soleil bien lourd. Ainsi nous arrivâmes à Sudak, après l’idyllique vue panoramique des murailles crénelées se profilant au loin sur un ciel bleu pur. Depuis le XIVe, cette enclave en territoire ennemi a garanti aux Génois un havre de protection relatif pendant un siècle. Le retour des Turcs plonge la ville dans le déclin, les Génois chassés de Sudak établirent d’autres comptoirs un peu plus loin à Féodossia notamment. Sans position stratégique forte, la ville est appauvrie lorsque les Russes envahissent la Crimée en 1771, la forteresse sans usage est ruinée, elle sert de poste de garnison. Sous l’ère soviétique, la douceur des lieux est à la mode et les apparatchiks descendent sur la côte chaque été, une autoroute relie directement Moscou à Simféropol. Certains disent que Brejnev s’y rendait en “Féfé”, en prenant soin de faire fermer les bretelles d’accès au fur et à mesure de sa progression.
L’engouement pour les rives de la mer Noire a justifié la restauration totale de la forteresse, ainsi que de la reconstruction à l’identique de Sébastopol après son bombardement, ou encore de l’entretien des palais et villas bâtis par des occidentaux au XIXe. Aujourd’hui, dominant le rivage depuis ses 150 m, le crénelage nickel, assez flatteur, de cette vaste enceinte fait un peu décor de film américain. Seule contrepartie ; se trouver face à un site d’une telle ampleur dans une contrée chiche en château fort. Les génois devaient avoir drôlement peur dans ce pays de tatars cruels. Auparavant il existait quelque chose sur cette colline, avant le XIVe, une mosquée était en construction, elle s’est trouvée incluse dans l’enceinte et devint une église. R.C.

 

Alupka 1997 Crimée

Publié par ruine sur 1 novembre 2007

 

Alupka Palace Crimée

Pourquoi un palais Anglo-kitsch dans cet inventaire ? Voir Sébastopol revêtait l’apparence d’un rêve lointain. Je n’imaginais pas Yalta avec sa mer Noire, simplement cette photo de 1945 avec ces trois types assis, prêts à se faire cirer les pompes ; le moustachu à la casquette étoilée, le mourant, et le gros au cigare qui tapa l’incruste à Alupka pendant tout le temps des négociations.
J’ignorais qu’un truc pareil exista dans ces contrées brutales. Si vous allez à Alupka vous comprendrez pourquoi ce Vorontsov, représentant de l’autorité britannique, a construit un château à cette place, juste entre la mer et la montagne.
La côte Sud de la Crimée est un doux mélange de Riviera et d’île grecque. Les trois zouaves qui m’accompagnèrent ici, dans une Marcel hors d’âge sur des routes défoncées, se contrôlant pour garder leur calme à chaque barrage de police, conservent eux aussi un souvenir ému de l’aventure. Le palais est un mélange d’influences néo-gothique anglais et de style mozarabe, pas très éloigné de l’Alhambra de Grenade dans la disposition et l’attribution des espaces. Sa construction a duré 18 ans, de 1828 à 1846, le parc qui l’entoure est immense et regroupe des thématiques végétales à la manière des parcs anglais du XVIIIe. La visite intérieure ne dépaysera pas l’amateur averti de château anglais, la même décoration lourdingue avec en prime des références muslim, un régal pour les yeux, beurp !
La promenade dans les jardins suffit amplement, les variétés d’essences et quelques coups d’œil aux façades explicitent le romantisme du lieu, comme aiment à nous le rabâcher les dépliants touristiques. Profite plutôt du village à flanc de montagne, quand, dans des gargotes accueillantes, servi par des femmes aux poitrines accortes, tu dégusteras de fameuses brochettes de jeune mouton sous les lampions avant que la terrasse du caboulot ne se transforme en dance floor. R.C.

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