Croatie Bosnie

Pocitelj 2003 Bosnie

Publié par ruine sur février 14, 2008

Pocitelj en Bosnie

Nous sommes allés jusqu’à Vukovar, le beau Danube Bleu filait doux et boueux devant la ville détruite. Notre incursion en Bosnie muslim achevait de nous convaincre que les misères de la guerre n’étaient franchement pas de la rigolade. Je ressentais une véritable gêne à photographier des bâtiments criblés ou perforés, je remerciais de jeunes indigènes nombrils à l’air et ice cream au bec de me rasséréner, c’était à Mostar. 30 km auparavant nous nous étions arrêtés à Pocitelj, où l’empreinte turque est encore forte, essentiellement par une architecture tant civile que religieuse. Premiers signes perceptibles de la reconstruction, le minaret et des coupoles rutilent au milieu d’une cascade de ruines qui dévale dans la Neretva. La forteresse et son donjon dominaient un centre islamique important, il y avait là, outre la mosquée, une medresa, un hospice, et ces fameuses maisons de notables ottomans avec leur loggias en bois qui rappellent les rives du Pont Euxin. Depuis 1993 la petite ville touristique n’est plus vraiment, plusieurs annés passeront avant de retrouver son lustre. L’accès à la partie fortifiée se fait par une route qui monte à droite à flanc de colline, puis revenir à gauche, la route se commue en chemin aujourd’hui jalonné par tout l’électroménager et le mobilier qui garnissaient les maisons. Une porte fortifiée défend l’accès à la ville, une voie empierrée tortue en descendant vers l’éperon du château. Difficile de discerner ce qui vit et ne vit plus, de la fumée sort de quelques masures, d’autres ne sont plus que les ruines de ce qui constituait une ferme, vraiment charmant, d’autant que les touristes ne sont plus près de zoner dans les ruelles.
Pendant 500 ans tout s’était bien passé, la cloche sonnait pendant que le muezzin résonnait dans la vallée, les bâtiments coraniques sont datés de la deuxième moitié du XVIe, les principales habitations du XVIIIe. Isolé sur son piton, le hvar surplombe le bourg, sa tour maîtresse polygonale a été épargnée eu égard à sa position stratégique, les miliciens croates l’ont vraisemblablement utilisée. Les logis sont agglomérés au socle de la tour, l’emprise au sol est réduite, en contrebas l’enceinte borde une petite basse-cour en terrasse. Le système défensif est peu déployé, absence d’archères ou de bouches à feu, plutôt des ouvertures larges, y compris vers le plateau… L’épaisseur des murs ne plaide pas pour une forteresse moyenâgeuse et l’appareillage en beaux moellons avec chaînage d’angle, est similaire à celui de la tour de l’horloge voisine. L’ensemble pourrait dater de l’installation des Ottomans dans la région soit au XVIe, peut être sur les fondements d’une construction plus ancienne.
Paysages vallonnés d’où émergent des minarets, petites maisons basses aux toitures pyramidales, ça sent bon la Syldavie. R.C.

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Vrgorac 2003 Croatie

Publié par ruine sur février 14, 2008

 Vrgorac, Croatie

Vrgorac, Croatie

En descendant, vers Dubrovnik tu n’as pas le choix, la côte Dalmate est un permanent renouvellement d’images de bord de mer.  Sinueuse à souhait, encombrée de véhicules, la fameuse superbe nationale de la côte t’imposera le rythme des caravaniers. Las de suivre les camping-cars allemands, de contempler dans un nuage de fuel l’Adriatique et ses myriades d’îles ou d’îlots scintillants, sache qu’il existe une route dans la montagne. Alternative au charme intemporel des cyprès, de la mer bleue et des villages blancs accrochés aux rochers, des landes roussies sur de vastes plateaux agraires en friches,  d’où émergent des maisons modernes ruinées par les bombardements en 92. Spectacle d’un village abandonné, toutes les toitures démontées, les huisseries enlevées, les maisons vidées, avec les restes de ce qui n’est pas parti épars dans la cour de la ferme. Chaussures, canapé-lit, gazinière, survêtements… Je revois les cohortes d’agriculteurs, dans le froid humide et brumeux, sur les routes roulant vers je ne sais où ? Sûrement pas vers la mer…
Le paysage devient plus montagneux, nous abordons le Biokovo, vallées boisées et routes en corniche, Vrgorac est le dernier village avant de redescendre dans la plaine. Le château est sur une colline en surplomb du bourg, pas de fléchage, un vague chemin dans les taillis sous les chênes verts. Depuis les maisons les plus hautes, dirige-toi plutôt vers la grosse tour isolée sur un premier mamelon pour ensuite accéder à l’enceinte par un vrai chemin.
Construit par les vénitiens au XIVe, pour se défendre des Ottomans qui tenaient l’autre versant de la montagne, l’ouvrage est aujourd’hui sur la frontière Serbo-Croate. Quand nous arrivons sur le site une équipe de jeunes, pétard au bec, range ses outils, visiblement ils sont occupés à des travaux de maçonnerie. La courtine enserre un bloc rocheux sur lequel s’accrochent les quelques bâtiments d’habitation, deux sont restaurés l’un fait office actuellement de resserre pour les ouvriers et surplombe l’entrée. Il ne subsiste des autres constructions intérieures que des ruines, en revanche le mur d’enceinte est en état et compte encore son chemin de ronde avec ses merlons, certainement objets d’une restauration.
A peine 500 m2 de basse cour, il s’agit d’un petit fort de montagne, hâtivement construit avec un grossier appareil de moellons, absence de décorum, ouvrage purement défensif. En redescendant, nous pénétrons dans la grosse tour isolée , c’est du solide et du brut, pas de voûtes mais des planchers évidemment absents. Nous ne manquons pas de nous interroger sur la position intermédiaire de cette construction,  à 200 m en contrebas du château. Qu’elle pouvait être sa fonction : un avant poste, plutôt une vigie avancée qui ouvrait la vue sur la vallée ? Le fort sur son éperon, plus haut, n’offrait aucune visibilité sur l’amont, depuis la route du Biokovo seule la tour apparaît au loin. Le village n’a pas trop souffert de la guerre, il garde quelques vieilles maisons avec leurs toitures pyramidales en tuiles canal.
A la terrasse du bar tu contemples la rotation des Lada bosselées vaguement tunées, lorsque sur le place ombragée comme dans tous les patelins du monde des ados bricolent leurs mob pendant que les plus âgés tchatchent. Eternel. R.C.

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Klis 2003 Croatie

Publié par ruine sur février 14, 2008

Klis, Split, Croatie

Une vaste forteresse de montagne défendait l’accès à la plaine côtière de Split. Longtemps indépendante, elle sera conquise par les Turcs au début du XVIe, pour être reprise
100 années plus tard par les Vénitiens. Le site est investi dès le VIIe siècle et restera en usage jusqu’au XIXe. Les Français derniers investisseurs de la place ont procédé à des aménagements et des modernisations du système de défense, les murs sont percés de canonnières. L’intérêt stratégique est évident, passé le col, sur son éperon le fort forme un verrou qui défend la passe et domine toute la plaine de Split. L’accès est facile, depuis la route nationale, après le col une petite route mène au village. En Surplomb, la barre rocheuse rehaussée de son long mur
hostile dominé par une grosse tour d’angle. De l’autre côté, vers la vallée, les trois trois niveaux de fortifications s’étagent en terrasses fortifiées, indépendantes les unes des autres. Depuis la plate-forme supérieure l’emprise du château est impressionnante, pourtant la progression depuis la route de la mer offre un tout autre point de vue, celui d’un nid d’aigle avec de très haut, murs, rendus nécessaire pour le soutènement des terrasses. L’occupation militaire jusqu’au XIXe et l’abandon récent ont permis une bonne conservation des constructions. Si les bâtiments d’habitations sont ruinés, les murailles avec leur système défensif sont en état, des travaux de consolidation et de reconstruction sont en cours, respectez les horaires d’ouverture car tout est parfaitement clos, difficile d’escalader la courtine qui épouse la forme du rocher.
L’aridité des alentours ne laissent guère de place qu’à une pauvre végétation méditerranéenne d’altitude. La chaleur devient vite accablante, vous apprécierez la fraîcheur des tours. La plus attrayante fait également office de porche elle verrouille l’accès au second niveau, je me rappelle d’une voûte ornementée de motifs datant de l’époque ottomane. Peu d’écrits sur Klis et peu de visiteurs, en bas, à Split le palais de Dioclétien draine toute le business touristique. R.C.

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Ston 2003 Croatie

Publié par ruine sur février 14, 2008

Ston Croatie

Jamais avares de qualificatifs vendeurs, les guides évoquent “La muraille de chine européenne” lorsqu’ils parlent du mur de Ston. Une ”muraille” qui franchit une ou deux collines, aux fins d’isoler de la terre ferme la presqu’île de Peljesak. A 50 km au nord de Dubrovnik, l’isthme de Ston regorge de marais salants, une richesse qui finance dès 1333 la construction d’un rempart long de 5,5 km avec tout un système défensif. A Ston, entre le rivage et le village c’est un ouvrage isolé : un vaste quadrilatère défendu par trois tours d’angle et une double enceinte. La courtine, massive et dépourvue d’ouverture, impliquait un système défensif concentré sur le couronnement. De faible hauteur, les murs et les tours seraient aussi l’illustration d’une fortification qui s’est adaptée progressivement à l’artillerie, vraisemblablement jusqu’au XVIIIe. Bordant les habitations, la muraille débute par un fortin bastionné dont les terrasses pouvaient supporter des pièces d’artillerie. Tout est en parfait état comme la première partie de mur avec ses tours d’appui, que nous arpentâmes péniblement sous un vrai soleil d’Adriatique, chaud. Le tronçon suivant s’enfonce dans le maquis, absolument pas restauré, son accès est rendu difficile et n’offre pas plus de sensations que la partie aménagée infiniment plus praticable.
La route qui rejoint Mali Ston serpente au pied de la colline, il suffit de lever les yeux pour apercevoir la muraille et ses merlons. A nouveau la mer en arrivant à Mali, elle pourlèche la base d’une grosse tour, derrière, à l’abri du rempart un mignard petit port prêt à accueillir les hordes assoiffées. Tu ne pourras pas résister à l’envie de parcourir les ruelles bordées de maisonnettes et de jardinets toujours bien fleuris en mai. Naturellement, si tu lèves les yeux tu vas découvrir sur le côteau un château, imposant par la hauteur de sa muraille, une des ruelles creuses ne manquera pas de t’y conduire. Ouvert à tous les vents, le désert règne à l’intérieur de l’enceinte, les grands murs en bel appareil sont nus, les tours carrées ouvertes à la gorge se délitent dans cette grande solitude, rien qui puisse arrêter le glissement de mon regard. Du logis seigneurial, il ne subsiste que le mur qui l’isolait du reste de la cour, les ouvertures et un manteau de cheminée sont toujours en place. Côté amont, le mur d’enceinte fait bouclier et le chemin de ronde fait au moins cinq mètres de largeur, parfaitement arasé, la promenade est facile et sans risque. Panorama parfait sur les rives dalmates, une mer si bleue acidulée par le rouge des toitures de l’avant scène. R.C.

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Senj Nehaj 2003 Croatie

Publié par ruine sur janvier 31, 2008

Forteresse de Senj, Croatie

Une tour forteresse sur les hauteurs de Senj qui a subi des bombardements en 1943, puis restaurée de 1965 à 1977. Quand les Turcs envahissent la péninsule au XVIe, ils ne parviennent pas jusqu’à la côte Dalmate qui demeure la possession des Habsbourgs au nord et des Vénitiens au sud.
La construction débute en 1558, sous la tutelle de l’empereur qui craint pour ses frontières septentrionales, les Uskolens en ont la charge. Cette communauté arrivée à Senj vers 1520 s’évanouit dans le paysage à la fin du XVIIe. Il faut bâtir vite, sur le site l’ancienne église du XIIe a déjà fait les frais d’une première razzia turque en 1520, ses restes avec ceux d’édifices voisins sont mis à contribution. Si le fort conserve quelques attributs moyenâgeux avec ses quatre échauguettes d’angle et son crénelage, c’est surtout un ouvrage défensif moderne exclusivement dévolu à l’artillerie. Régularité et symétrie ont dicté l’aménagement des quatre faces, sur chacune, trois canonnières en partie haute et en-dessous des bouches à feu, pour des armes légères, réparties selon un tracé symétrique.
Un cube presque parfait de 23 m sur 18, dont l’isolement sur sa colline pelée contraste avec l’exiguïté de la cour intérieure. Sur le chemin de ronde règne l’harmonie et la plénitude, la douceur de la toiture me renvoie à celle d’un cloître. Panoramique sur le littoral et les montagnes voisines, cette terrasse suspendue fait oublier les salles obscures et fraîches qui la supportent. Au bord de la nationale qui relie le nord au sud de la Croatie, tu ne pourras pas manquer l’édifice sur sa butte à la sortie de la ville. Aujourd’hui, des norias de poids lourd empruntent la route qui passe au pied du fort, Senj est un point stratégique depuis plus de trois millénaires, ville portuaire d’échanges commerciaux, frontière entre l’Europe Centrale et le monde méditerranéen.

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Vrana 2003 Croatie

Publié par ruine sur janvier 31, 2008

Château de Vrana, Croatie

A côté de Vrana dans un lieu dit Maskovic il y a deux monuments, un château et un caravansérail, de part et d’autre de la route. En sortant de Zadar vers le sud, tu longes la côte, après Biograd na Moru tu roules 10 km sur la route de Benkovac. Il fait déjà chaud sur ce plateau, le caravansérail est fermé et son mur d’enceinte est suffisamment haut pour ne rien laisser apparaître, nous pouvons à peine faire le tour par les champs. De l’avis des guides touristiques le bâtiment est remarquable dans cet état de conservation, il semble occupé par une exploitation agricole..? Dans un remarquable appareil de pierres jointives le bâtiment fut érigé  dans la première moitié du XVIIe pendant l’occupation ottomane. Le fort en face, en ruine, est forcément ouvert à tous les vents. En avant de l’enceinte, il devait y avoir une première basse-cour protégée par une grosse tour carrée, bien assise sur un soubassement à pans inclinés. Un long mur, vraisemblablement l’enceinte principale du château, est percé d’archères et d’une poterne sans aucun système défensif, sur le couronnement quelques merlons sont toujours en place, au verso le chemin de ronde est encore praticable. Au-delà ça se gâte, le délabrement est ancien et s’apparente à un champ de pierres noyé dans les arbustes d’où émergent des pans mur et de muraille, peu de repères pour l’attribution des espaces. Apparemment pas de tours sur la courtine à peine des renforts d’angle, un seul ouvrage domine l’ensemble, un donjon ou une tour de guette, voire un pigeonnier, car il me semble me souvenir de niches sur les parois intérieures. L’ensemble, posé sur un monticule, domine une plaine agraire encadrée de collines. La datation du monument n’est pas aisée, elle pourrait être du début du XVIe, lors de l’arrivée des Ottomans qui se seraient appuyés sur d’autres vestiges. L’appareil de construction est moins soigné que celui du caravansérail.
Quel lien y avait-il entre ces constructions et la présence des templiers à Vrana ? Pourquoi ces implantations ? Les moines y auraient récupéré en 1169 un monastère  possédé par le pape Alexandre III. Héritage du passé prestigieux de Biograd na Moru, en plein déclin à cette époque ? Au XIe siècle la cité était la capitale de la Croatie. Dans sa cuvette surchauffée, dominant la plaine côtière de Zadar, Vrana était en territoire turc, proche de la frontière et depuis toujours une étape entre le nord et le sud.

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Tracoskan 2003 Croatie

Publié par ruine sur janvier 31, 2008

Château de Trakoscan, zagorje, Croatie

Louis II n’aurait pas renié ce petit château féodal remanié à la mode romantique. Trakoscan est en pleine Zagorje, j’ai déjà évoqué cette région frontière avec la Slovénie, contrée de lacs, de montagnes et de forêts. Contraste avec Véliki Tabor, au charme de l’austère ruralité de cette demeure renaissance répond le faste et la pompe du XIXe mercantile. Belle mise en scène de la part du pouvoir socialiste qui a prorogé les faits en consacrant Trakoskan comme un élément incontournable du patrimoine touristique. L’idolâtrie est valorisée par un complexe hôtelier au luxe suranné, ambiance seventies, conçu pour alimenter des bus entiers de prolétaires méritants. Planté en contrebas du château, au bord de la nationale, aujourd’hui il satisfait de plats roboratifs les touristes et les Croates enrichis, dans de grandes salles vides. Significative stagnation des mœurs, contrairement à nos contrées, la bouffe n’a pas encore été détrônée par les gadgets vaguement culturels d’un visitor center où finalement le touriste visiteur passe plus de temps à virtualiser le site, rassurez-vous ce n’est pas encore le cas à Trakoscan.
Pourtant l’histoire avait gâté cette grosse tour de guet élevée après 1250, possession d’une famille qui gérait au moins toute la région. Quand passent les siècles, plusieurs familles se succèdent, à chaque fois le territoire se morcelle mais le château gagne ses agrandissements autour du noyau du XIIIe. La modernisation est en marche, avec son toit terrasse capable de supporter un canon, la grosse tour Ouest date de l’extrème fin du XVIe, à cette époque les Drakovic règnent sur les terres. Une peinture de la deuxième moitié du XVIIe siècle, atteste de l’état d’un ensemble proche de sa configuration actuelle, mais un conflit familial l’abîme. Restauré, il conserve un usage militaire, la région n’est pas si sûre. Aux alentours de 1850 la famille décide de réinvestir le lieu, de grands travaux sont menés à l’intérieur et surtout l’aménagement du parc, plantations, création d’un lac. La superstructure du château n’est pas trop affectée, construction de la petite tour Nord et de la terrasse Sud-Ouest.
L’empreinte romantique est bien là, présente surtout dans l’utilisation outrancière de tous les poncifs néo gothique, sans discernement : bandeaux de surlignement à profusion, frises de faux mâchicoulis sur tous les pourtours, faux crénelages, fausses échauguettes à tous les angles. C’est après la seconde guerre mondiale, en 1952, que le château devient un musée : collection d’armes, de peintures avec tous les Drakovic et l’ensemble du mobilier construit spécifiquement pour l’aménagement des pièces au XIXe.

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Veliki Tabor 2003 Croatie

Publié par ruine sur janvier 25, 2008

Veliki Tabor, Croatie

Veliki Tabor, Croatie

L’extrême ouest, à la frontière slovène, dans un panorama de collines entre prairies et forêts presque trop vertes, sur une éminence un gros château trapu. Juste ce qu’il faut de délabrement qui sied si bien à un bâtiment rural, des abords pas franchement soignés, des murs lézardés, des enduits à l’aplomb approximatif. Tout flaire le suranné, un entretien régulier mais chich. Veliki n’a pas bénéficié de l’exploitation touristique outrancière des symboles, d’une époque révolue, donnés en pâture au bon peuple par un pouvoir progressiste. Aujourd’hui, le site est inventorié par l’Unesco, le pire est malheureusement à craindre. Que va devenir cette grosse muraille décorée par une modénature de faux mâchicoulis, implantés à mi hauteur ils ne servent qu’à alléger la silhouette. Toute la féodalité est rassemblée là, puissantes tours englobées dans une enceinte qui enserre le vieux donjon polygonal du XIIe, monumentalité du portail qui s’apparente à celui d’une grosse ferme. Rustique, pourtant il ne date que du début du XIXe. L’ensemble est du XVIe, dernier sursaut d’orgueil d’un hobereau de campagne qui entend maintenir une pression symbolique sur ses féaux, ou peur des Ottomans ?
Dommage, cher lecteur, tu n’auras pas ma chance en pénétrant dans cet édifice, dont je ne savais rien. Jamais apparences ne furent plus trompeuses, à l’opacité de l’extérieur résonne l’éclat de la cour intérieure, toute la puissance symbolique du moyen âge s’évanouit devant cette grâce rurale renaissante. Tu viens de passer le porche, naturellement sombre et humide, quand tes yeux retrouvent lumière et un décor de cour italienne d’une incroyable harmonie.
Une vaste loggia sur trois niveaux de coursives court sur toute la façade intérieure de l’enceinte. Il vient de pleuvoir, les murs suintent, le ciel est encore sombre, le pavé de la cour luit, un carillon sonne régulièrement. Un escalier à gauche de l’entrée t’emmène dans le donjon ou dans les coursives, là les portes ouvertes t’offrent le spectacle d’une vie pastorale. Les salles se succèdent avec leurs expositions qui relèvent plus de l’amas, ainsi cohabitent pèle-mêle : ustensiles, instruments chirurgicaux et aratoires, peintures ou photographies vernaculaires. Les salles basses abritaient une singulière collection d’armes et de photos, allégorie aux milices et combattants croates de la guerre de 93. Dernières curiosités plus consensuelles, la chapelle gothique au décor baroque située au premier étage, enfin dans la cour, le grand puits descend à plus de 30 m. Tu n’es qu’à 60 km de Zagreb, dans la Zagorje, près de Desni. Depuis la capitale vas au nord ouest vers Podcetrtek, après Kumrovec. La colline est investie depuis le IIe siècle par un fort romain, vous serez au calme, les touristes préfèrent la côte et les rivages de l’Adriatique. R. C.

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Sisak 2003 Croatie

Publié par ruine sur janvier 25, 2008

Sisak Croatie

Sisak Croatie

Ambiance populeuse, à l’écart des voies fréquentées si ce n’est pour se rendre à Vukovar. Sisak  ressemble à toutes ces villes du monde où seuls les VRP passent une soirée, heureusement Zagreb n’est qu’à 40 km au nord ouest. Au bout de la ville, juste avant la confluence de la Sava et de la Kupa, vers le sud, sur une langue de terre la grosse forteresse médiévale est bien ancrée. Impressionnante dans la livrée rose de sa haute muraille surmontée de hourd de bois sombre. L’ensemble se trouve dans un état impeccable et relève d’une certaine bonhomie. L’imposant quadrilatère encadré de ses grosses tours rondes est une construction parfaite, il a certainement dû servir de référent pour les modèles en carton-pâte de mon enfance.
Le chateau de Sisak présente une belle illustration du vocabulaire défensif du XIIIe au XVIIe, un hourd bien reconstruit, des tours couvertes, un accès piéton au premier niveau desservi par une superbe reconstitution d’un escalier en bois, chef d’œuvre de charpentiers, des bouches à feu et de puissantes canonnières sur les tours de la rive.
Nous connaissons deux faits historiques au cours desquels le château aurait largement rempli son rôle : au XIIIe lorsque des invasions mongoles seront repoussées, puis à la fin du XVIe quand les Ottomans vont mordre la poussière lors de la bataille de Sisak, ainsi disparaitront toutes leurs velléités expansionnistes dans la région, la Sava étant leur ultime frontière.
Dans le pré, en contrebas du château, les familles se retrouvent pour les joies simples d’un pique-nique égayé par des jeux de ballon, à côté trône une superbe bâtisse toute en bois sombre dans un état de semi abandon. Vestige balbutiant d’un écomusée de l’ère socialiste, héritage du même lot que les superbes projecteurs de stade de foot qui cernent la forteresse. R. C.

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